Il est certaines chansons à ne point chanter trop haut... A travers les murs de l'Opéra Garnier réside un air que tous murmurent et que nul ne chante : celui du Fantôme de l'Opéra... Qui sait de quelles sinistres partitions il sera l'auteur ?

 
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 Catastrophe ! (libre)

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Carlotta Giudicelli

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MessageSujet: Catastrophe ! (libre)   Jeu 27 Aoû - 18:20

La diva n’en pouvait plus d’enrager. Quel opéra pourri ! Che faro con les deux idiots qui servent de directeurs à l’Opéra Garnier ? D’accord, ils sont tous les deux délicieux à voir, mais ce n’est pas une raison pour leur passer tout ! La grande et célèbre cantatrice était bien énervée contre eux, et tout ça pour quoi ? Je vous en prie, devinez… Vous y prendrez plaisir, à constater à quel point la grande Carlotta pouvait être agacée de simples petites choses : il manquait une épaisseur de jupons à sa rob, qui était pourtant déjà jugée comme « bien assez gonflante ainsi » par les directeurs. Ridicule ! Sa robe manquait d’épaisseur, le public s’en apercevrait et elle serait la honte, la risée de tous ! Ce à quoi son directeur favori avait lui-même refusé de prendre son parti et affirmé que la robe était très bien comme ça, inutile de la rendre plus gonflante encore. Il était peut-être un amant attentionné une fois tous deux au lit, mais en tant que directeur de l’Opéra, il n’avait visiblement aucun talent ! Si ce n’est pour la gestion de ses bénéfices, peut-être… Et encore. Il arrivait même parfois à la grande Diva d’en douter.

Sa robe manquait de gonflant et par conséquent de beauté, elle ne pourrait donc pas décemment paraître sur scène, si ? Bien entendu que non, celui qui répondrait le contraire serait le roi des imbéciles ! Le roi des inconscients, le roi de celui qui ne connaît rien au théâtre ! Le roi des ignorants, des inconscients et des imbéciles à la fois… et encore, il fallait voir si tous ces qualificatifs suffisaient à le définir, et si même ce roi-là pouvait être capable de tout ça, ce dont la Carlotta doutait en toute bonne foi. Ce roi-là manquait donc aussi de savoir-vivre et de bon goût… et devait être aussi le roi des aveugles par la même occasion. Ca commençait à faire beaucoup, et là, la diva pouvait décemment se demander si telle créature au monde pouvait exister. Et elle en doutait encore, comme si on trouvait à tous les coins de rues un débile mental aveugle et incapable du moindre raffinement…

Un en tout cas, dans ses pensées, serait plus que ravi de l’absence de ce fameux jupon qui pouvait presque signifier sa perte et sa mort, tant son importance pour elle était capitale, et cet homme serait sans aucun doute le Fantôme de l’Opéra ! Ce conspirateur de pacotille qui lui adressait de temps en temps des missives sanguinolentes et remplies jusqu’au cou de menaces et d’autres paroles sottes et vaines. Elle était sans cesse menacée par cet homme qu’au demeurant nul n’avait jamais vu excepté cette folle de madame Giry, la chorégraphe, qui ne cessait par la même occasion de répéter que « L’Ange sait, l’Ange voit ». Fariboles ! Qu’elle aille répéter cela à son curé ! Lui peut-être y prêterait une oreille attentive, à ces délires de vieille petite ratte de l’Opéra, et hocherait la tête avec sur le visage un sourire béat digne du plus dévot des curés comme du plus imbécile des gens de cette terre, qui sourient même quand on les insulte. Ridicule ! Et pourtant, elle, Carlotta, ne savait que trop bien de quoi il en retournait exactement… Le fameux Fantôme de l’Opéra ne pouvait à ses yeux qu’être le nouveau mécène, Raoul de Chagny ! Ah, il avait bel air ce petit prétentieux de vicomte, avec ses longs cheveux d’un doux roux aux flammes délicatement bouclées, et avec ses regards langoureux en direction de la « belle » Christine Daaé ! Belle ! Vous imaginez ? Elle était jugée moins belle, moins séduisante, que cette pimbêche cruche et incapable de se montrer plus fine que la moitié des petits rats de l’opéra, ces gamines qui ne songeaient qu’à se payer des cuites aux liqueurs lorsqu’elles avaient assez d’argent ! Carlotta en était vexée... et en même temps frustrée. Il aurait quand même pu se montrer plus fin que ne s’adresser qu’à la Signora Carlotta, et dire à Piangi qu’il « les empêchait de répéter », sur quoi il tournait les talons. Presque comme un goujat.

La diva grommela quelque chose de vague, entre deux jurons et deux exclamations en italien, et ôta la robe avec l’aide de ses caméristes. Elle ne paraîtrait pas sur le théâtre ce soir ! Pas question qu’elle ait à paraître en pareil accoutrement, vous pensez ! Mais elle avait déjà expliqué pourquoi un peu plus haut, n’est-ce pas ? C’est bien ce que je pensais. Inutile donc de me répéter. La Carlotta rangea ses vêtements de scène dans son armoire (inutile de jeter cette robe, elle était trop précieuse pour finir à la poubelle ou aux mains d’une miséreuse) et attrapa ses vêtements de ville. Elle enfila la jupe d’un rose oscillant entre prune et loukoum, disons plus exactement un rose prune trop clair, et se fit aider d’une camériste lorsqu’il s’agit de lacer son corset. Corset qui d’ailleurs était du même rose-brun indéfinissable, mais brodé de perles d’un rose plus clair ainsi que de perles blanches. Une fois corsetée, la diva enfila des bas et des souliers noirs, prit un manteau qu’elle enfila sans cérémonie, et toute fulminante encore de la mésaventure qui venait de lui tomber dessus « comme par enchantement » (car à ses yeux le fameux jupon avait bel et bien été fait par la couturière, mais arraché à son costume par les mains d’une petite chapardeuse de petit rat, ou pire encore, par les mains du Fantôme que tous redoutaient), sortit de sa loge en trombe tandis que sa camériste tenait dans ses bras les deux petits chiens de sa maîtresse, peinant à la suivre tout en l’appelant entre deux pertes de souffle : « attendez-moi, Madame… je vous en prie… ». Ce à quoi Carlotta ne prêtait pas la moindre attention, d’ailleurs, trop occupée qu’elle était à pester intérieurement contre le monde entier, ses joues brillant d’indignation. Elle était si occupée par sa rage qu’elle n’entendit même pas qu’on lui adressait la parole…
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