Il est certaines chansons à ne point chanter trop haut... A travers les murs de l'Opéra Garnier réside un air que tous murmurent et que nul ne chante : celui du Fantôme de l'Opéra... Qui sait de quelles sinistres partitions il sera l'auteur ?

 
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 Encore un coup du Fantôme ! (libre)

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Carlotta Giudicelli

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MessageSujet: Encore un coup du Fantôme ! (libre)   Jeu 27 Aoû - 18:18

Depuis qu’elle avait reçu une énième lettre du Fantôme de l’Opéra, la diva ne parvenait pas à décolérer et donc ne décolérait pas. Comment osait-il, cet infâme relent de détritus, ce remugle d’immonde personnage dont l’odeur cadavérique semblait empester tout l’opéra de par sa pourriture ? De toute façon, mort ou pas, pourri, il l’était. Il ne faisait que trop le démontrer en chacune des missives qu’il adressait à chacun des habitants du plus célèbre opéra de France. Et Carlotta ne parvenait pas à comprendre comment un être humain pouvait se montrer aussi immonde sans en ressentir la moindre honte. Sauf si sa honte à lui était de ne pas paraître… Ce qui pouvait être encore compréhensible pour une personne telle que la grande Diva, qui n’avait pour seule réaction envisageable que celle d’aller se terrer dans un coin d’où elle pourrait facilement se faire oublier du public juste assez de temps pour que l’on oublie son erreur sans l’oublier, elle ! Il fallait évidemment impérativement que l’on garde en mémoire le fait qu’elle était la plus grande diva de toute la France et même du monde entier ; tout comme il fallait tout aussi impérativement que nulle ne parvienne à ne se faire qu’un tout petit peu reconnaître du public ! Non, vraiment, tout cela, l’art de la dissimulation et l’art de faire oublier ses erreurs en vertu de ses qualités, c’était là un art que Carlotta affectionnait tout particulièrement, et l’on pouvait fort aisément comprendre pourquoi et comment. Mais la diva ne pensait pas tellement à cela pour l’instant, trop occupée qu’elle était par les lettres qu’elle avait reçues ces derniers jours. Toutes clamaient la même chose : quatre opéras, quatre grands rôles féminins… et quatre cantatrices dont elle ne faisait pas partie. La Krauss était citée, malgré son grand âge ; la Daaé bien évidemment avait droit à l’un des plus beaux rôles possibles ; la Pavlova, cette amnésique à l’accent russe trop prononcé et aux attitudes trop étranges avait elle aussi droit à son rôle. Et la dernière cantatrice ? Encore une étrangère, la Dowsett. Une allemande, une suédoise, une russe et une anglaise. Toutes des nordiques ! Le fantôme aurait-il un goût tout particulier pour les femmes d’origine septentrionale ?

Mais après en avoir parlé avec les directeurs (ou plus exactement après en avoir tempêté contre les deux directeurs et contre son mari ; ainsi qu’après avoir boudé deux des trois et en ayant été retrouver le ténor Piangi), il s’était avéré que les mécènes et que les principaux musiciens soutenaient les choix du Fantôme de l’Opéra. La Duval n’était pas citée non plus, mais à bien y songer ce n’était pas dramatique étant donné sa voix de contralto et ses attitudes trop prétentieuses… Mais bon, ce n’était pas dramatique comme elle venait de le dire. Ce qui était dramatique, c’était l’omission que l’on avait fait de son nom à elle, Carlotta Giudicelli mariée Moncharmin ! Maudit Fantôme, sois damné jusqu’à la fin des temps pour une telle faute ! Pour une telle erreur, pour un tel crime de lèse-majesté ! Elle en enrageait tellement qu’elle semblait prête à tout briser sur son passage. Et elle en était plus que capable ! Elle avait bien déchiré les lettres précédentes du Fantôme de l’Opéra avant de les jeter au feu sans le moindre état d’âme, trouvant même cela plus que logique venant d’une femme outragée comme elle l’était.

Mais la Carlotta n’avait pas encore tout vu, visiblement… Ou peut-être n’était-elle pas au courant du fait qu’un Fantôme sait tout et voit tout, comme le clamait sans cesse madame Giry ? D’accord, elle clamait surtout que l’Ange sait et que l’Ange voit, mais ça ne change pas grand-chose. Un Fantôme n’étant pas un Ange, Carlotta pouvait très sincèrement se permettre de faire l’erreur. Mais elle ressentait un tel outrage à l’idée d’être à la fois abandonnée par les mécènes (en particulier la comtesse, elle qui croyait que son amie Elisabeth la soutenait de tout cœur) et par les musiciens. Abandonnée par le Fantôme de l’Opéra, autant dire que c’était normal. Mais là… C’était aller trop loin. La dernière lettre lui était presque tombée sur la tête, et elle avait cru entendre un rire dément résonner tout près d’elle alors que la lettre atterrissait sur sa coiffe. Elle avait récupéré la missive et l’avait parcourue des yeux avant d’entrer dans une telle fureur qu’elle semblait incapable de s’en remettre. Et d’ailleurs elle ne s’en remettrait tout simplement pas, c’était couru d’avance ! Elle ne se remettait jamais de ses fureurs, et le pardon lui était une chose inconnue. Elle ne pardonnerait à aucun d’eux. Ni aux mécènes, ni aux musiciens, ni aux autres cantatrices. Le Fantôme était déjà assez impardonnable ainsi, inutile d’en rajouter une couche ! Ca ne ferait que du travail supplémentaire et de la salive gaspillée (quoiqu’on ne gaspillait pas vraiment à déblatérer sur ce genre de personnages) pour rien du tout si ce n’est pour le plaisir de pester. On ne pestait pas pour le plaisir, on pestait avec des raisons, non mais ! Et les raisons qu’avait la grande diva en ce moment là n’étaient pas des moindres étant donné la situation dans laquelle elle s’était finalement retrouvée. On l’aurait renvoyée de l’Opéra que l’effet aurait été similaire. Mais pour l’instant, tous avaient droit aux effets de sa fureur. Elle pestait sans cesse, seule sur scène (ou presque seule… disons juste en compagnie de sa clique habituelle d’admirateurs, de danseurs et d’autres musiciens et caméristes qui ne juraient que par son talent à elle et à elle seule), se demandant maintenant ce qu’elle pourrait faire pour sauvegarder sa réputation déjà bien entamée par les différentes frasques dont elle avait été victime par le passé (un passé pas si passé que ça en travers de sa gorge). Mais quoi qu’il en soit, elle ne cesserait de rager pour autant !

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