Il est certaines chansons à ne point chanter trop haut... A travers les murs de l'Opéra Garnier réside un air que tous murmurent et que nul ne chante : celui du Fantôme de l'Opéra... Qui sait de quelles sinistres partitions il sera l'auteur ?

 
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 Au sortir d'une répétition (libre)

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Erique Claudin
~Konzertmeister~
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Lieu de vie : Autres Quartiers
Présentation : Fiche

Les talents
Influence Sociale:
600/2000  (600/2000)
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200/2000  (200/2000)
Expérience Artistique:
1500/2000  (1500/2000)

MessageSujet: Au sortir d'une répétition (libre)   Mar 25 Aoû - 16:49

Enfin, il avait l’autorisation tant désirée de lâcher quelque peu son violon (la chose était rare, il fallait bien le reconnaître au vu du nombre assez exceptionnel d’heures qu’il pouvait parfois passer par jour à l’Opéra) ! Ces derniers jours, il fallait bien avouer que le chef d’orchestre et les directeurs avaient littéralement été infernaux, pour ne pas dire qu’ils avaient été invivables. Tout, tout, tout, absolument tout devait être parfait pour leurs quatre opéras, ces opéras qui pourraient assurer à l’Opéra une renommée encore plus conséquente que celle qu’il avait déjà en rajoutant aux noms déjà célèbres de la Carlotta et de la Krauss ceux de plusieurs jeunes sopranes et altos qui tiendraient leurs premiers rôles principaux ! De grands événements, voilà de quoi il en retournait, voilà donc les faits exposés à votre connaissance, messieurs dames ! Le grand moment pour ces quatre jeunes personnes venait d’arriver, il était hors de question de le leur gâcher par de la mauvaise musique ! Allons, messieurs, jouez donc mieux votre musique ! Et vos traits d’archet, qu’ils soient parfaits et même au-delà, dignes de l’ancienne Grande Bande des Vingt-Quatre Violons du Roy Soleil ! (Il fallait noter que cette fameuse Grande Bande était la première au monde à avoir eu la bonne idée de mettre en place ce que le monde allait adopter sous le nom de coups d’archet, et que l’on pouvait être redevable de tout cela à messieurs Bocan et Lully. Mais ceci était une autre histoire bien peu en rapport avec les représentations qui allaient être données !) Que vos sons soient d’une justesse impeccable, que vos articulations soient justes et en accord avec la musique que vous êtes censés jouer ! Vous n’êtes pas les seuls à racler vos instruments, que diable ! Tout ceci était le festin auquel étaient conviés chacun des membres de l’orchestre. Un festin des plus copieux en reproches et en harangues qu’ils pensaient tous ne pas véritablement mériter étant donné que ces répétitions étaient pour la plupart des interprètes des lectures pour ainsi dire à vue de partitions qu’ils avaient reçues le jour même. Les musiciens les plus jeunes, souvent les plus rebelles par ailleurs, s’étaient bien souvent montrés difficiles envers les directeurs et le chef d’orchestre. La jeunesse avait-elle encore conscience que tout ceci faisait partie des exigences de la musique ? La pensaient-ils plus libre et bien plus italienne qu’elle ne devait l’être dans plusieurs pièces ? Certes, le Mozart et Il Muto devaient être joués à l’Italienne, mais il n’en était pas de même pour Berlioz et pour Beethoven ! A chaque pièce son exécution !

Ces simples explications permettent de comprendre pourquoi le violoniste était plus que soulagé de pouvoir enfin lâcher son instrument pour pouvoir non seulement reposer ses bras et ses épaules (mine de rien, la musique en orchestre était pour les muscles une véritable épreuve sportive qui pouvait parfois avoir de douloureuses conséquences si l’on n’y prenait pas garde plus que cela… Chose qui n’était évidemment pas à faire à moins d’avoir envie de terminer comme certain compositeur dont on interprétait la musique. Je parle bien entendu de la surdité de Beethoven. Enfin bon, quoi qu’il en soit la musique était pour aujourd’hui terminée après des heures et des heures, et encore des heures et des heures après une simple petite heure de pause pendant laquelle on avait toutefois pris le temps de manger quelque peu histoire de ne pas défaillir en pleine exécution. La chose serait regrettable, n’est-ce pas ? Enfin bon. Après tout cela, tout ce plaisir auquel on se serait avec un plaisir assuré livré si impunément l’on retournait dans la musique et l’on en revenait aux difficultés et aux douleurs de ce métier injustement réputé comme simple. L’on recommençait à jouer, et l’on ne cessait que lorsque le chef d’orchestre décidait qu’il avait tellement lessivé ses interprètes qu’ils ne pourraient pour aujourd’hui plus rien donner de bon ou pis encore, de convenable ou encore de potable. Après quoi le tyrannique Robert Villeneuve consentait enfin à libérer ses victimes, en bourreau qu’il était de cœur à défaut de l’être de profession, en leur souhaitant une douce nuit reposante et revigorante après laquelle ils n’auraient plus qu’une seule chose à faire : revenir à l’Opéra, bien tôt le matin d’ailleurs, en pleine forme et rempli d’inspirations musicales histoire de fournir un aussi bon travail que celui fourni aujourd’hui. Claudin doutait que les musiciens tiennent le coup longtemps, mais il n’avait pas vraiment son mot à dire, quand bien même de tous les musiciens, il était celui que le chef d’orchestre consentait le plus facilement à écouter (ce qui en soi n’était pas rien, mais ce qui n’était pas beaucoup non plus, il ne faut pas se faire trop d’illusions non plus), mais certes pas celui auquel le chef d’orchestre se fiait le plus au niveau des opinions, qu’elles soient humaines ou musicales ! Villeneuve avait sa propre conception des choses… mais heureusement, tout le monde ne le suivait pas : cet homme adorait son orchestre et sa musique, et qui aime bien châtie bien ! Et il se trouvait que lui châtiait vraiment très bien son petit monde… Un peu top bien, pour ainsi dire, même… Un trop bien qui ne plaisait pas à tout le monde, surtout pas aux fortes têtes telles le petit alto qu’il avait autrefois protégé, et chez qui le sang tzigane était encore bien trop influent. Un jour peut-être faudrait-il que Villeneuve retrouve une place dans un orchestre, place qui lui permettrait d’éprouver à nouveau cette condition qu’il avait quittée ? Pourquoi pas. Mais cela demeurait du simple et très irréaliste rêve, de la pure utopie dans tous les sens du terme.

Et c’est pourquoi en s’apprêtant à rentrer chez lui (il n’habitait pas véritablement loin, tout était relatif n’est-ce pas ?), Erique Claudin ne pensait qu’à une seule chose : retrouver enfin le confort de son lit et savourer une douce nuit avant de repartir le lendemain à l’assaut de la musique. Mais le Destin, ce terrible Destin, n’entendait visiblement pas les choses de la même oreille…
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