Il est certaines chansons à ne point chanter trop haut... A travers les murs de l'Opéra Garnier réside un air que tous murmurent et que nul ne chante : celui du Fantôme de l'Opéra... Qui sait de quelles sinistres partitions il sera l'auteur ?

 
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 Stranger...[Elswyn]

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Robyn Dowsett
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MessageSujet: Stranger...[Elswyn]   Dim 7 Juin - 13:59

    La salle se remplissait peu à peu, et le bruit montant des voix avait le don de faire battre à tout rompre le coeur de la jeune femme...Robyn Dowsett venait de passer une longue séance de maquillage et d'habillage, et désormais était là, derrière le rideau, sur le côté droit de la scène, à attendre le moment précis, celui où elle allait devoir entrer en scène. Autour d'elle, des danseuses terminaient entre elles d'arranger leurs jupons, des comédiens révisaient une dernière fois leurs textes, des choristes laissaient échapper quelques notes à froid histoire d'être sûr de leur timbre, La Carlotta pestait ses dernières plaintes, quant à elle, elle était là, à observer chacun d'eux, en écoutant les battements répétitifs de son coeur cognant dans sa poitrine. Elle accompagnait ce soir La Carlotta. La tension en était d'autant plus forte. La pièce était une représentation assez sobre, qui était jouée six à sept fois dans l'année. D'habitude, Robyn était seulement choriste pour ce spectacle, mais pour ce soir, c'était différent, et elle allait vivre l'instant d'une toute autre manière.

    Maria, son professeur de chant, restait auprès d'elle. Elle passait une main bienveillante sur sa longue chevelure, et observait elle aussi les artistes en préparation. Robyn savait qu'elle devait la rendre fière, et savait aussi qu'elle espérait beaucoup de son élève. A partir de là, tout alla très vite. Les lumières furent allumer au devant de la scène et formait de jolies flammes venant éveiller le visage des personnages en scène. La représentation dura environ une heure et demi, et La Carlotta reçu les applaudissements espérés, terminant son dernier morceau par une révérence distinguée au public. Robyn fit de même, en retrait. Lorsqu'elle retourna dans les coulisses, elle reçu des baisers de la part du répétiteur, de son professeur, ainsi que les félicitations de certains de ses camarades. Certains musiciens vinrent lui offrir quelques baisemains, puis après les remerciements et les dernières salutations, Robyn se retira.

    Se dirigeant à petits pas vers un endroit plus calme, elle alla se poster près des loges, là ou le brouhaha des voix était moins strident. Ici, elle respira profondément comme pour se laisser rattraper par toute la magie de la scène et de la soirée qu'elle venait de vivre. Elle songeait tout bas à la chance qu'elle avait connu au cours de sa vie, et au privilège qu'elle avait de s'être retrouvée ici, entre les murs de cet Opéra, à chanter pour une France majestueuse. Elle s'asseya sur une chaise tout près, et s'adossa au mur, ses longues boucles venant s'interposer entre celui-ci et son cou.

    Une danseuse solitaire, trotinant dans les environs, passa près d'elle et s'arrêta.

    - Quelle magnifique représentation nous avons jouée, et qu'elle voix, mademoiselle ! Je me vois dans l'obligation de vous féliciter. Votre timbre est charmant !

    - Que de mots gentils en cette fin de spectacle...vos pas de danseuse sont eux aussi tout à fait remarquables. Puis-je connaître votre nom ?

    - Lili Beck, mademoiselle !

    - Oh, vous n'êtes pas sans me rappeller quelqu'un...

    La jeune danseuse salua poliment la chanteuse d'une petite révérence courtoise et fila à toute allure. Un léger sourire ce dessina sur les lèvres de Robyn, qui repensait à son amie anglaise. Elle se promit de lui écrire dans les prochains jours.

    Décidée à se retirer définitivement, Robyn se leva afin de retourner à sa loge. Maria devait surement l'attendre là bas, préparant ses affaires de chambre. Robyn suivit les quelques couloirs menant à l'endroit précis, mais avant même d'y arriver, une voix l'appella...


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Elswyn Zmeskall
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MessageSujet: Re: Stranger...[Elswyn]   Jeu 18 Juin - 14:46

[HJ : toutes mes plus plates excuses pour ce retard énorme. Mais pas mal de choses à finir ces temps-ci, et mon projet qui s'accélère encore un peu... je risque d'avoir du mal à te répondre rapidement jusque mi-juillet. Minimum. Désolé encore Sad]


Ce soir, spectacle. Ce soir, musique grandiose et scène. Ce soir, euphorie d'un instant, voyage au gré de son violon, vers des contrées symphoniques qu'il espérait magiques et majestueuses. Et elles le furent. La salle semblait d’ailleurs en effervescence aussi, alors que les dernières notes résonnaient encore en eux et contre les murs qui les confinaient tous dans cette étrange atmosphère. En somme, une soirée idyllique, comme Elswyn les aimait tant. Et qui aurait pu rester idyllique, si seulement…

Si seulement les idiots de deuxième violon n’avaient pas commencé à ricaner sur il ne savait quoi. Les altistes avaient aussitôt répliqué à ces ricanements et le tout avait fini bien entendu en échange d’insultes en tout genre et moqueries ineptes. Jusqu’à ce qu’un des deuxièmes violons ose s’en prendre directement à Elswyn en l’insultant de sale petit bohémien parasite et prussien. Prussien ! Doux Jésus, on osait l’insulter de prussien. De toutes les insultes, c’était bien une des rares qu’il ne pourrait certainement jamais tolérer. Prussien. Lui, hongrois, le traiter de prussien ! Alors que ses parents avaient dû fuir leur pays natal à cause des prussiens justement ? Quel affront !

Non vraiment, il n’avait pu laisser passer cela. Et ce malgré les autres altistes, qui, commençant quelque peu à le connaître et sachant comment il allait immanquablement réagir, avaient tenté de le retenir. Mais si physiquement ils étaient effectivement plus forts que lui, surtout en s’y mettant à trois, et lui évitaient ainsi de mettre une belle rouste à cet insolent, ils étaient tout de même bien incapables de bâillonner ses sarcasmes. Sarcasmes qui fusèrent alors à tout va, englobant au final tous les deuxièmes violons, tant qu’à faire, et allant même jusqu’à s’exprimer aussi bien dans la langue de Molière que dans la langue soit disant prussienne…. Bref. Sans pour autant finir en pugilat, cette soirée avait fini en forte discorde des plus virulentes question insulte. Une discorde qui suintait une haine presque farouche, ou du moins une animosité assez exacerbé contre lui, et ce qu’il pouvait bien représenter aux yeux de certains : un prussien, un ennemi… ni plus ni moins.

Et alors qu’Elswyn pensait enfin que cette altercation, probablement assez puérile en un certain sens vu par quelqu’un d’extérieur, allait prendre fin, il aperçut un des deuxièmes violons lui voler quelques unes de ses partitions qui traînaient encore sur son pupitre et partir en courant à travers les méandres des couloirs. Par tous les alto, on lui volait ses partitions : On lui volait sa musique ! On lui volait…. Mais si on croyait qu’il allait se laisser dépouillé de la sorte, sans réagir. Et aussitôt il partit, prenant simplement son alto et archet avec lui (ne rêvez pas pour qu’il livre son instrument aux mains de ses malfrats), courant comme un dératé après le voleur. Voleur qui allait à une vitesse non négligeable, il devait bien l’avouer, et qu’il peinait quelque peu à rattraper. Tant et si bien d’ailleurs, qu’il le perdit de vue.

Il était arrivé près des escaliers menant aux loges, et avait alors plusieurs choix s’offrant à lui sans savoir lequel choisir, lequel lui offrirait le plus de chance de rattraper son agresseur. Il commençait sérieusement à désespérer pouvoir le retrouver, et surtout retrouver ses si chères partitions. Son esprit imaginatif, qui avait déjà une forte propension à l’exagération, voyait déjà les pauvres parchemins griffonnées de noires et de blanches voler en mille morceaux au dessus des escaliers, ou pire encore, affichées il ne savait où avec la mention « appartient au prussien », ou allez savoir quoi encore… bref, il s’imaginait déjà moult scénarii tous plus catastrophiques les uns que les autres, du moins selon son avis, et sentait le désespoir étreindre son cœur, quand il aperçut une âme, qu’il espérait charitable, errer dans les couloirs.

Peut-être… avec un peu de chance… Bon d’accord beaucoup. Surtout si l’on considérait le fait qu’il n’était pas très chanceux en temps ordinaire.


- Hey, vous, héla-t-il alors la jeune femme qui se trouvait à quelques pas de lui.

Sans même attendre qu’elle daigne se retourner, il s’était déjà avancer vers elle, d’un air à la fois déterminé et qui devait être un peu farouche, sans même qu’il s’en rende vraiment compte. La colère, une colère sourde, grondait en lui, et n’était pas prête de se calmer de sitôt. Elle ne pourrait s’apaiser qu’une fois ses chères partitions retrouvées. Et le malfrat corrigé, mais ça, c’était une tout autre histoire…

Heureusement, la jeune femme ne choisit pas de l’ignorer et se retourna. Une part de son esprit lui fit remarquer qu’il la reconnaissait, que c’était la nouvelle qui avait secondé la Carlota ce soir, et qu’il pourrait au moins la féliciter pour la jolie performance accomplie. Car non, ce n’était pas rien de seconder la Carlotta, femme des plus désagréables et des plus difficiles, si on voulait son avis. Mais il était bien trop absorbé par ses propres problèmes pour écouter la petite voix intérieure qui lui soufflait ce qu’il aurait dû faire, et au lieu de ça, enchaîné sur son idée
:

- Vous n’auriez pas vu un jeune homme, un deuxième violon, passer par là ? Avec des partitions sous le bras ? Il devait courir… Vous l’avez vu passer ?

Comment ça, il se montrait impatient et impoli ? Mais non, voyons…
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Robyn Dowsett
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MessageSujet: Re: Stranger...[Elswyn]   Dim 5 Juil - 7:27

    Robyn se retourna vivement, et découvrit quel visage arborait la voix qui venait de l'appeller. C'était un musicien, un altiste, qui semblait avoir perdu quelque chose...et qui semblait le chercher. Il était brun, avec de longs cheveux, et un visage pâle et charmant. Pourtant, il sauta les présentations, les bonjours et les salutations, et demanda directement à la soprano ce qu'il avait à lui demander. Il cherchait un autre deuxième violon, qui apparement avait décidé de le priver de ses partitions. S'il était passé par là, Robyn aurait du voir un garçon courir. Hors, un altiste qui courrait vers les loges, c'était plutôt rare...

    - Oh, euh...je suis désolée, il ne me semble pas l'avoir vu passer par ici.... A moins que...

    Elswyn lui expliqua brièvement la situation.
    Enfaite, le voleur en question était bien passé par là, mais peut être pas en courrant, après réflexion. Mais, comment être sur que c'était bien là le musicien que cherchait cet altiste ?

    - Vous savez quoi, vous n'avez qu'a me donner son prénom et son nom. Je me chargerais personnellement à ce que vos partitions vous soient rendues le plus vite possible.

    Elle passa une main réconfortante dans le dos du jeune homme qui semblait à moitié rassuré.

    - En attendant, venez dans ma loge. Je vais vous faire servir un thé et vous allez tranquillement reprendre vos esprits. Cela vous fera du bien, j'en suis certaine. Et si jamais ce musicien décide de faire de vos partitions de la paté pour chat, alors nous vous en ferons refaire, n'ayez crainte.

    Robyn n'en revenait pas du niveau intellectuel de certain musicien. Quel était l'interêt de dérober des partitions, qui permettraient ainsi à l'un d'eux de ne pas jouer, et qui du coup retarderait l'orchestre tout entier ? A chacun sa manière de résoudre ses désaccords, mais d'une manière si infantile, tout de même... Robyn attrapa la main d'Elswyn, qui semblait se calmer un peu et évacuer sa colère.

    - Allez ne vous en faite pas. De tels personnages ne méritent pas votre attention. Et dans tous les cas, vos partitions vous reviendront.

    La soprano entraîna le parfait inconnu avec elle à travers les derniers couloirs, et se posta devant sa loge.

    - Mon professeur de chant est peut-être là.

    Elle entrouvrit la porte. A sa grande surprise, Maria n'était pas là. *Etrange...* pensa t'elle. Elle se retira alors sur le côté afin de laisser Elswynn rentrer. Déjà, Robyn s'était glissée derrière son paravent pour retirer sa lourde robe de scène, et la troquer contre une robe fine de dentelles et de voiles. Elle releva ses longs cheveux en queue de cheval, et s'affaira alors à préparer le thé.


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Elswyn Zmeskall
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MessageSujet: Re: Stranger...[Elswyn]   Dim 5 Juil - 10:38

Décrire la déception qui le submergea quand il entendit la jeune femme lui répondre que non, personne n'était passé par là, lui serait bien impossible tant elle était prononcée. Quand je vous disais qu'il était du genre malchanceux. De tous les chemins possibles, il avait fallu qu'il choisisse le mauvais. Et maintenant, à l'heure qu'il était, le mécréant qui lui avait volé ses partitions devait être bien loin. Si loin qu'il devenait illusoire decroire pouvoir le rattraper. Il s'apprêtait alors à déclarer définitivement forfait, et à retourner à ses appartements pour mieux se ronger les sangs et l'esprit au sujet de cet énième altercation avec des anti-prussiens si fanatiques, quand la jeune femme reprit la parole, lui offrant alors une proposition... des plus inattendues.

Elle se proposait de l'aider ? "Se charger personnellement à ce que les partitions lui soient rendues", disait-elle. Dire qu'il était étonné serait un doux euphémisme. C'était peut-être bien une des premières fois, pour ne pas dire la première tout court, qu'une inconnue qui ne le connaissait ni d'Eve ni d'Adam, lui proposait de l'aider. Et sans rien en échange, dirait-on. Etrange, non ? Troublant même. C'est sans doute à cause de cedit trouble qu'il ne réagit pas à la main chaleureuse qui tentait de le réconforter en lui tapotant gentiment le dos. Lui, qui d'ordinaire s'insupportait de tout contact non consenti, aurait dû réagir des plus vivement, s'écartant sans ménagement et rabrouant dignement la jeune femme. Mais non, rien de tout cela ne vint. Au contraire, Elswyn se laissa faire, docile, plus docile qu'il ne l'avait jamais été envers des étrangers du moins, et il sentait même la colère qui l'habitait retomber comme un soufflet.

La colère retombait, oui, mais laissait place à autre chose. Autre chose d'indicible. Désespoir ? Peut-être serait-il inutile d'aller jusque-là. Disons du moins forte déception. Et désillusion amère. Oui, déception et désillusion, en constatant, qu'il n'arriverait peut-être jamais à trouver sa place parmi ces français, même parmi les artistes. Pourtant... pourtant il était français ? Et artiste ? Non ? Il aurait cru que oui. Mais visiblement, si lui se voyait ainsi, les autres non.... Déçu donc. Plus que déçu même.

Perdu dans les méandres de ses pensées moroses, il se laissa donc guider vers la loge de la jeune soprano sans même chercher à s'esquiver d'une quelconque façon face à cette étrange invitation. "Nous vous en ferons refaire ?" Parce qu'au delà de l'aider à retrouver ses partitions, elle se proposait d'aller plus loin encore en cas d'échec ? Qui était donc pour être si... si... affable et prévenante ? Oh certes, il pourrait lui aussi abandonner ses recherches, et demander à l'un de ses collègues altistes de lui prêter ses partitions pour en faire des doubles. Le prix importait peu en un sens, Elisabeth accepterait certainement sans broncher de lui financer ce petit imprévu. Quitte à ce qu'il la rembourse ensuite. Mais...

Et bien, c'était SES partitions. Il y avait ses annotations, ses marques... bref, c'était ses partitions. Et qu'on les lui vole n'avait rien d'anodin. C'était à LUi, qu'on les lui avait volé. A lui, le prussien. Et plus que simplement retrouver un objet perdu, c'était plus réparer un affront qu'il souhaitait.


- Les partitions ne sont pas tout le problème, lâcha-t-il enfin, rompant le lourd silence dans lequel il semblait s'être mûré durant le court trajet jusqu'à la loge de la soprano.

Il ne se fit d'ailleurs pas attendre pour entrer dans la loge quand elle lui céda le passage. Pour tout dire, il était plutôt heureux de pouvoir s'isoler un peu dans un endroit plus intime et moins à découvert que dans un couloir encombré de bruits et de toutes gens. Même si cela voulait dire s'isoler quelques temps avec une jeune femme qu'il ne connaissait pas. Ou si peu. Juste de voix en somme.

Il n'avait toujours pas révélé ni le nom du fameux voleur de partitions, maudit second violon, ni les circonstances exactes qui avaient mené à un acte si... puérile. Ni même ce qui préoccupait réellement son esprit, au delà d'un simple vol. Simple vol qui était plus un symbole selon lui qu'autre chose. Un symbole... anti-prussien, anti-lui... lui qui n'était pourtant pas prussien. Voilà ce qui le rongeait sans cesse quand on lui rappelait sans cesse ses origines. Origines qui n'étaient pourtant pas si ancrées en lui que ça, si ?

Et à cette pensée, son regard se posa sur son reflet, que le miroir de la petite coiffeuse meublant la loge lui renvoyait. Elswyn s'approcha alors quelque peu et se posta devant la surface lisse dans laquelle un visage, son visage, le scrutait de façon presque dérangeante. Avait-il des traits si différents des français ? Etait-il si différent, si haïssable qu'eux tous ? En quoi son visage était-il si abjecte, si honni, pour qu'on l'insulte de la sorte si fréquemment ? Il n'était certes pas beau. Mais il n'était pas laid non plus, n'est-ce pas ?


- Me trouvez-vous laid ? Me trouvez-vous des traits haïssables ? Fit-il soudain d'une voix sourde.

Posait-il la question à la jeune femme ? ou à lui-même ? Il n'aurait su dire.

- Voit-on tant mes origines sur mon visage ? Ai-je vraiment l'air d'un ennemi ?

Drôle de questions que toutes celles-là... Mais il n'était pas vraiment en mesure de se rendre compte de l'incongruité de ce qu'il disait, obnubilé qu'il était par tout cela.


[HJ : Et voilà Miss. Si quoique ce soit ne convient pas, n'hésite pas, je peux éditer. Wink]
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Robyn Dowsett
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MessageSujet: Re: Stranger...[Elswyn]   Dim 5 Juil - 20:26

    [HRP : C'est parfait ne t'inquiète pas! Smile ]

    Robyn s'arrêta net. Elle reposa la tasse qu'elle tenait dans sa main gauche et qu'elle s'apprêtait à remplir pour le musicien d'un bref geste sur la table qui lui faisait face. Elle se tourna brusquement vers lui, portant une main à sa poitrine, comme par étonnement. Ce qu'il venait de dire était à fendre le coeur. Quel tourmenté altiste il faisait là ! Que de désespoir dans cet être ! Que de songes ! Il était encore penché vers le miroir de la coiffeuse, ce qui permit à la jeune femme de conclure qu'il venait de se regarder dans ce dernier, comme pour mieux comprendre... Le regard de Robyn s'emplit de compassion. Elle s'approcha de lui, avec une douceur extrême, et, arrivée à son niveau, lui attrapa les mains et le fit asseoir sur le petit canapé rosâtre en face d'eux.

    - Que de mots sombres sur vous même...

    Par réflexe, Robyn se leva, alla chercher la tasse abandonnée, la remplie généreusement en veillant à ne pas oublier d'y ajouter un sucre, et l'apporta au musicien. Elle s'asseya de nouveau.

    - Tenez, buvez ça. Ca vous fera du bien.

    Il semblait dans ses pensées, perdu, ailleurs...Robyn sentit qu'au delà du simple vol, l'acte de l'autre musicien avait causé sur l'altiste tout un processus de remise en question. Il inspirait à la demoiselle tant de sympathie ! Et sa vulnérabilité incita la soprano à l'aider d'avantage, à comprendre ce qui c'était passé. Mais avant de lui poser la moindre question, elle préféra l'aider à reprendre ses esprits, et décida premièrement de le rassurer.

    - Moi, quand je vous regarde, je ne vois qu'un homme...un homme comme tous les autres. Avec, en plus, des talents de musicien. Peu importe ce qui vous a été dit. Peu importe ce que certains vous ont laissé penser. Vous n'êtes ni laid, ni l'ennemi dont on parle, j'en suis certaine. Les traits de votre visage sont ceux d'un artiste. Un artiste qui doit prendre confiance.

    Les yeux de Robyn étaient posés sur l'altiste avec une once de bienveillance. Si le responsable de cette tristesse avait été là, elle lui aurait fait savoir ce qu'elle en pensait pleinement. Soudain, quelqu'un frappait. Robyn reconnut la voix de Maria. Elle se précipita à la porte, entrouvrit. Quelques secondes plus tard, Robyn revint, et l'on entendit des pas s'éloigner.

    - Je lui est demandé de repasser plus tard. Ne vous en faite pas, je ne lui est pas dit que vous étiez là. N'ayez crainte, personne ne le saura si vous le souhaitez. Mais je pense que vous avez besoin de vous retrouvez au calme, et vous êtes le bienvenue ici.

    Robyn avant de revenir vers le divan, attrapa l'archet et l'alto et les posa délicatement sur une petite table près de la coiffeuse, pour éviter qu'ils ne soient abîmés. Elle se redirigea vers l'inconnu (ou presque).

    - J'ignore parfaitement tout de vous. Quel est votre nom, votre prénom ? Cela fait longtemps que vous êtes à l'Opéra ? Vous avez joué ce soir j'imagine ? Cela est l'inconvénient des rapports musiciens/artistes, on ne se voit pas lors des représentations...


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Elswyn Zmeskall
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MessageSujet: Re: Stranger...[Elswyn]   Mer 8 Juil - 13:57

Une fois encore, Elswyn ne broncha pas quand elle l'attira vers le canapé et le fit asseoir, tant il était pris par le torrent de pensées qui l'assaillait alors. Que de mots sombres, disait-elle. Oui, il était fort possible que ous ses mots soient sombres. A l'image des maux qui les animaient en fait...

Quand elle lui tendit la tasse chaude, il ne réagit pas plus. Pas plus qu'il ne but une goutte du doux breuvage dont il pouvait sentir les savoureuses saveurs lui chatouiller les papilles. Il restait là, non pas les bras ballants puisqu'il se devait de tenir la tasse s'il ne voulait pas la voir se fracasser au sol, mais inerte, les mains crispées sur la porcelaine, tel un automate dépourvu de toute volonté. C'est donc d'un air plus que surpris qu'il la regarda longuement, quand elle reprit la parole. Et qu'elle lui offrit des mots si doux, si... si étrange. Si peu commun en fait le concernant. Un artiste, disait-elle. Un artiste. Ca assurément, il pouvait bien se targuer d'en être un, n'est-ce pas ? Quoique... Quoique ces temps-ci, sa musique avait par trop changé. Par trop... sombre. Tout comme ses mots en fait. Tout comme ses pensées.

Sombre... Sombre, voilà ce qu'il était devenu. Mais que lui arrivait-il donc, lui si frivole et si obnubilé par sa musique par le passé ? Que lui était-il donc arrivé pour qu'il se retrouve d'humeur si morose, au point que même sa musique semblait en être touchée. Non pas tronquée, tout de même pas, mais... changée, touchée.

Un artiste donc. Et non un ennemi. Enfin une autre personne qui acceptait de voir autre chose en lui que l'immigré. Un immigré qui, au passage, avait été naturalisé, grâce à la bonté, et certainement aux influences aussi, du Comte de Lontages. Et même sans être naturalisé, il n'était nullement un ennemi. Que du contraire... Il venait d'un pays qui comptait le même "ennemi" que la France, et ce depuis un grand nombre d'années. Ne disait-on pas que les ennemis de nos ennemis étaient nos amis ? Alors pourquoi le traitait-on si souvent de la sorte ? Sans doute par ignorance. Ni plus ni moins. Mais pour lui, l'ignorance devenait alors intolérable. sans doute était-ce alors pour cela qu'il appréciait d'autant plus les personnes qui lui ouvraient les bras si facilement ? Allez savoir. Il avait en tout cas la soudaine impression que la jeune femme pourrait lui demander à peu près n'importe quoi, et qu'il le lui accorderait sans discussion. Ou presque.

Il en était là de ses pensées, qui s'apaisaient peu à peu d'elles-mêmes, sous l'effet étrangement réconfortant des mots qu'on lui offrait, quand des coups, fort discrets d'ailleurs, se firent entendre à la porte. Aussitôt Elswyn sentit la tension qui l'avait peu à peu quitté l'assaillir de nouveau. Et c'est avec un soulagement non feint qu'il vit la jeune femme refermer la porte sans inviter l'innoportun à les rejoindre. Oui, soulagement. Il n'était pas bien prêt de faire face à d'autres moqueries ou d'autres remarques désobligeantes. Ce qui n'aurait pas manqué d'être le cas, quand on aurait vu un jeune homme et une jeune femme... seuls... dans la même loge.

Il ne put toutefois retenir un hoquet de stupeur e de frayeur, quand il la vit toucher son alto. Heureusement, elle le maniait avec une certaine révérence qui le rassérénait quelque peu. Il n'aimait guère qu'on tuche ainsi son instrument. Du moins sans sa permission. Mais au moins savait-elle lui accorder un respect indéniable. Et visiblement elle ne cherchait qu'à le mettre à l'abri d'un geste malheureux. Elswyn se tut donc, ravalant la critique acerbe qui menaçait d'exploser. Non, vraiment, ce n'était pas le moment de tout gâcher n'est-ce pas ? Déjà qu'il n'était pas doué en relations humaines, alors si en plus il rabrouait le peu de personnes qui ne se fiaient pas à ses attitudes méfiantes et un peu rudes... ni à son air prussien...


- Zmeskall. Elswyn Zmeskall, fit-il alors, daignant enfin répondre à tout le babillage de la jeune femme.

Il n'allait certes pas lui révéler son premier prénom. Un prénom qu'il détestait et qui lui rappelait encore un peu trop ses origines, et auquel il préférait son aucun conteste le second. Moins dissonnant selon lui. Il espérait d'ailleurs que son nom ne sonnait pas trop étranger. Peine perdue en fait, il le savait bien. A son plus grand désarroi.

- Je suis à l'opéra depuis... depuis mes 17 ans. Soit depuis cinq ans maintenant. Altiste, rajouta-t-il en désignant du menton son instrument.

Et un fin sourire effleura ses fines lèvres quand ses orbes nuit se posèrent sur son ami de toujours, son alto. Un sourire qui se fâna toutefois bien vite.

- Et oui, je jouait ce soir. Je joue presque tout le temps. A quelques rares exceptions près. Je suis un musicien permanent de l'orchestre.

De toute façon le mot orchestre résumait presque toute sa vie. Ou plutôt le mot musique. Musique, et tout était dit le concernant.

Il se garda bien toutefois de dire son possible lien avec l'un des mécènes de l'opéra, à savoir la famille Desrousseaux. Il se contentait de répondre en fait aux questions. Ni plus ni moins.


- Et vous ? Osa-t-il simplement s'enquérir.

Quelqu'un à l'esprit taquin aurait répondu "et vous quoi ?". Car il devait bien l'avouer, sa question était plutôt vague. Mais il espérait bien que la jeune femme comprendrait sa question à demi-mots.... En somme, il lui retournait tout simplement ses propres questions... Peu loquace dites-vous ? C'était tout lui, en effet.
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