Il est certaines chansons à ne point chanter trop haut... A travers les murs de l'Opéra Garnier réside un air que tous murmurent et que nul ne chante : celui du Fantôme de l'Opéra... Qui sait de quelles sinistres partitions il sera l'auteur ?

 
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 Au bord du fleuve

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Nina Pavlova
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Nina Pavlova

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MessageSujet: Au bord du fleuve   Ven 6 Mar - 19:29

En ce jour de 1882, une jeune femme aux longs cheveux ondulés, d'un noir d'ébène, ondulés, se tenait au bord de la Seine, le regard perdu dans le vide. Elle portait une longue robe verte en accord avec la couleur du fleuve. Sans doute, personne ne la connaissait encore car elle était arrivée la veille dans la nuit dans la ville lumière. Il s’agissait là de Nina qui découvrait Paris, se promenait. La Seine la fascinait. Ce n’était guère surprenant quand on savait que c’était une grande Romantique qui aimait à contempler les étendues d’eau.
Songeuse, c’était vers son pays natal, la Russie, vers son passé pour l’heure perdu que ses pensées étaient tournées. Avait-elle eu raison de quitter son chez elle alors qu’elle ne parlait que peu le français ? Serait-elle acceptée à l’Opéra et s’épanouirait-elle dans son métier dans ce pays étranger ? N’aurait-elle pas mieux fait de rester chez elle ? N’y aurait-elle pas eu plus de chances de retrouver le souvenir de son passé ? En parlant de souvenirs… Que s’était-il passé pour qu’elle se fût réveillée à l’hôpital de Saint-Pétersbourg ? Sans le moindre souvenir de son passé ?
Pourtant, malgré son amnésie, les paroles d’une berceuse de chez elle lui montèrent aux lèvres. Cette chanson avait bercé son enfance. Sa mère la lui chantait pour l’endormir le soir. Mais, Ninochka avait oublié cela. Elle savait juste que c’était une berceuse russe, qu’elle aimait et connaissait.


"Spi mladyenets, moï prekrasný,
bayouchki bayou,
tikho smotrit myesyats yasný
f kolýbyel tvayou.
Stanou skazývat' ya skazki,
pyesenki spayou,
tý-j dremli, zakrývchi glazki,
bayouchki bayou.

Sim ouznayech, boudit vremya,
branoye jityo,
smyelo vdyenish nogou f stremya
i vazmyoch roujyo.
Ya sedeltse boyevoye
cholkom razochyou.
Spi, ditya mayo radnoye,
bayouchki bayou.

Bogatýr tý boudich s vidou
i kazak douchoï.
Pravajat' tibya ya výdou,
tý makhnyoch roukoï.
Skolko gorkikh slyoz oukradkoï
ya f tou notch pralyou!
Spi, moï angel, tikho, sladko,
bayouchki bayou

Stanou ya toskoï tomit'sya,
byesoutyechno jdat',
stanou tselý dyen' molit'sya,
po notcham gadat'.
Stanou doumat', chto skoutchayech
tý f tchoujom krayou.
Spi-j, paka zabot nye znayech,
bayouchki bayou.

Dam tibye ya na darogou
obrazok svyatoï,
tý yevo, molyasya bogou,
stav pyered saboï.
Da, gotovyas v boï apasný,
pomni mat' svayou.
Spi, mladyenets, moï prekrasný,
bayouchki bayou."


[c’est la transcription et voici la traduction: « Dors, mon bébé, mon joli
Dodo, fais dodo!
La lune regarde sans bruit
Dans ton berceau
Je te dirai des contes de fée
Et te chanterai de petites chansons
Mais tu dois dormir, tes petits yeux fermés,
Dodo, fais dodo.

Le temps viendra, alors tu connaîtras la vie de guerrier,
Tu mettras hardiment le pied à l'étrier
Et prendras le fusil
La couverture de selle pour ton cheval de bataille
Je la coudrai en soie pour toi
Dors maintenant, mon cher petit,
Dodo, fais dodo.

Tu ressembleras à un héros
Et seras un Cosaque dans l'âme
Je me hâterai de t'accompagner
Tu me diras adieu de la main.
Combien d'amères larmes silencieuses
Je verserai cette nuit-là !
Dors, mon ange, calmement, doucement
Dodo, fais dodo !

Je mourrai de langueur
J'attendrai inconsolable
Je prierai toute la journée
Et la nuit, je ferai de la divination
Je penserai que tu as des ennuis
Au loin, en terre étrangère.
Dors maintenant, tant que tu ne connais pas les peines
Dodo, fais dodo.

Je te donnerai une petite icône sainte
Pour ton chemin
Et quand tu prieras Dieu,
Tu la mettras bien devant toi.
Quand tu te prépareras pour un dangereux combat
Je te prie de te rappeler ta mère
Dors, mon bébé, mon joli
Dodo, fais dodo. »
Je les ai trouvé sur http://www.mamalisa.com/?t=fs&p=1044&c=157 et voici pour l’écouter : https://www.youtube.com/watch?v=bU8rB_Sswdo]

La voix de Nina s’élevait, pure, mélodieuse, mais d’une profonde tristesse. On sentait qu’elle avait des regrets. Comme à son habitude, elle interprétait avec une grande justesse son personnage. Elle était cette personne qui voulait endormir son bébé, elle la vivait et la faisait vivre. Et quand on la rejoignit, perdue à la chasse aux souvenirs qu’elle ne trouvait plus et dans les paysages russes – dont il lui était resté des paysages, vu qu’elle n’avait pas quitté son pays à peine son amnésie découverte et sa sortie de l’hôpital effectuée – elle ne le réalisa pas.
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MessageSujet: Re: Au bord du fleuve   Lun 23 Mar - 18:03

Nalynda se promenait près du fleuve, en cette froide journée de décembre. Les mains au chaud dans un manchon en fourrure, un chaud manteau assorti à sa robe d'hiver, elle profitait en solitaire d'un temps glacial mais agréable. Londres avait un climat moins encourageant, en cette période de l'année, elle devait le reconnaître. En hiver, la ville prenait un air des plus lugubres, sa sombre Tamise distillant des lourdes brumes qui montaient s'enrouler dans les rues glacées. Il fallait avouer que cela décourageait même le promeneur le plus endurci. Paris était quand même plus accueillante. Mais même cet aspect lugubre lui manquait ; sinon, pourquoi serait-elle venue se promener sur les bords de la Seine, ce fleuve qui lui rappelait cette Tamise qui elle aussi coupait sa chère Londres en deux ?

Enfin, la Tamise, elle y avait des souvenirs forts peu agréables, en fait. C'était là que l'on avait repêché le corps mutilé de son mari, pathétique parodie du brillant homme qu'il avait été autrefois, défiguré par le ressac. Cette pensée désagréable la transperça plus sûrement que le froid hivernal, et lui arracha un frisson. Elle accéléra le pas, sa promenade se teintant soudain d'un goût nettement plus amère.

Au bout de quelques pas, elle remarqua la jeune femme qui se tenait sur le bord du fleuve, regardant dans les eaux troubles et sales, apparemment perdue dans ses pensées. Nalynda ne lui aurait accordé aucune attention si elle n'était pas entrain de chanter ; sa voix, douce et agréable, modelait une chanson qui semblait être une berceuse, dans une langue que la jeune anglaise ne connaissait pas. Charmée, elle s'arrêta pour écouter, toujours attirée par la musique, quelle qu'elle soit. La fille chantait fort bien, constata-t-elle non sans une pointe de jalousie, même si sa voix n'avait rien à voir avec la sienne : plus douce, plus aiguë. Silencieuse et immobile, le vent jouant avec ses boucles et les ornements de son chapeau, Nalynda écouta jusqu'au bout ce chant qui donnait une touche irréelle à ce tableau urbain.


-Magnifique, laissa-t-elle échapper lorsqu'elle eu finit, plus pour elle-même que pour complimenter d'ailleurs.
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MessageSujet: Re: Au bord du fleuve   Mer 8 Juil - 10:20

[Désolée pour le très long temps de réponse, j'avais franchement la tête ailleurs.)

Tout en chantant sa berceuse russe, Nina pensait qu'elle aurait dû prendre sa balalaïka avec elle. Ainsi, elle aurait pu s'accompagner de cet instrument traditionnel russe - allant, elle en était convaincue parfaitement avec cet air populaire - au lieu de chanter a capella. Et son violon! Pourquoi n'avait-elle pas, en sortant, pris son violon avec elle? Elle se serait certainement fait un plaisir de jouer dans ce cadre. L'explication était fort simple: elle ne voulait pas se faire remarquer et puis, surtout, elle savait qu'après sa promenade, l'opéra l'attendait, pour qu'elle pût tenter d'y trouver du travail. Perdue dans ses pensées et par le pouvoir d'une imagination fertile, ce n'était plus la Seine qu'elle voyait, mais la Volga.
Elle en était là de ses réflexion lorsque Nalynda, qu'elle n'avait jusqu'alors pas remarquée, prit la parole. Certes, Nina ne l'avait pas vue, pas entendue arriver et certes Nalynda parlait plus pour elle-même qu'autre chose, mais ce fut tout de même sa voix qui ramena la jeune femme russe aux temps et lieux présents. Elle détourna donc ses yeux de la Seine pour les poser sur son "public" improvisé. Elle n'en garda pas moins un air rêveur, prenant du temps pour revenir totalement à la réalité.
Détaillant l'anglaise, Ninochka prit la parole, poliment:


"Bonjour. Merci." La jeune femme parlait avec un fort accent russe, accusant ses origines. Faisant taire sa timidité qu'elle sentait poindre, elle reprit, se présentant et demandant à son interlocutrice de faire de même.

"Je m'appelle Nina Pavlova. Et vous?"

En attendant la réponse de Nalynda, Ninochka ne put empêcher ses pensées de revenir d'une part vers l'opéra et ce qui l'y attendait et d'autre part vers ses souvenirs perdus. Mais, à quoi donc était liée cette berceuse russe? Elle était, au fond d'elle, sûre que cette chanson avait une importance particulière à ses yeux. Que ce n'était pas simplement une chanson qu'elle aimait. Elle avait dû apprécier plus d'une chanson avant de perdre la mémoire, pourtant, c'était l'une des seule du répertoire russe - qu'elle n'avait pas "découverte" après sa sortie de l'hôpital - dont elle se souvînt.
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MessageSujet: Re: Au bord du fleuve   Ven 30 Oct - 15:02

Une fois que la jeune fille eut fini sa berceuse, Nalynda ne vit plus tellement l'intérêt de rester là, et s'apprêta à repartir. Cependant, la chanteuse s'était retournée pour la saluer, et la remercier de son compliment. L'Anglaise s'en trouva embarrassée ; elle n''était pas d'humeur de tailler une bavette, surtout debout dans le vent et le froid, avec quelqu'un d'inconnu qui outre sa jolie voix avec qui elle n'avait pas spécialement envie de faire connaissance. Néanmoins, elle ne pouvait pas décemment l'ignorer. Cela aurait été terriblement impolie, et Nalynda était peut-être beaucoup de choses, mais pas vulgaire. Elle prit donc sur elle-même, se composa un visage avenant et un sourire fade mais de circonstance, et se présenta en retour.

-Lady Nalynda Standhope. C'est un plaisir de vous rencontrer, dit-elle en faisant une courbette de salutation.

Pavlova ; avec un nom pareil, elle devait être russe, ou de l'Est en tout cas, ce qui confirmait ce que la jeune lady avait pensé de prime abord en écoutant les paroles de sa chanson. Son accent la trahissait d'autant plus. Une étrangère donc, comme elle. Nalynda se dit avec humeur que c'était peut-être sans doute leur seul point commun. Puis se reprit mentalement ; pas la peine de se montrer si aigrie.

Elle observa avec attention la jeune femme en face d'elle. Elle avait cet air assez particulier, rêveur et ailleurs, de ceux qui sont absorbés dans leur musique. Presque contre sa volonté, Nalynda ne put s'empêcher de trouver que cela la rendait sympathiques. Elle estimait que quelque chose de très fort se dégageait des musiciens. Le voir de façon aussi accru que le visage de cette jeune femme était assez agréable finalement.

La conversation était retombée. Il était impensable de prendre congés comme cela, juste sur des présentations, cela serait inconvenant. Nalynda chercha rapidement un sujet à débattre, et dans un réflexe très anglais, balança une banalité sur le temps.


-Il fait froid, n'est-ce pas ? Mais peut-être venez-vous de pays plus glacials encore, si j'en juge – pardonnez-moi – votre nom et votre accent.
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