Il est certaines chansons à ne point chanter trop haut... A travers les murs de l'Opéra Garnier réside un air que tous murmurent et que nul ne chante : celui du Fantôme de l'Opéra... Qui sait de quelles sinistres partitions il sera l'auteur ?

 
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 Presto, presto, prestissimo! [libre]

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Elisabeth de Castaignac
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MessageSujet: Presto, presto, prestissimo! [libre]   Sam 28 Fév - 17:45

    Presto, presto, maestro mio! C'était vriament à croire que cette phrase poursuivait Elisabeth partout où elle allait, y compris dans les endroits les plus communs. Comme un restaurant, par exemple... Ou un autre lieu aussi tranditionnel que celui là! Une bête auberge, et il fallait encore qu'elle se dépêche, vu tout ce qu'elle avait à faire en plus du reste... A savoir, gérer ce qu'il restait des domaines de la famille, gérer les dons qu'elle faisait à l'Opéra, gérer un peu d'administration, et se consacrer à ses deux passions, à savoir la musique et la médecine, quand elle en avait le temps. Autrement dit, pas souvent. Mais bon, c'était à croire qu'Elisabeth était faite pour ce genre de vie de fous, à deux cent pour cent même. Elle adorait cette vie? Moui, difficile à dire, en fait. Par moments, ce genre de vie lui pesait. Heureusement que ça n'arrivait pas trop souvent...

    Presto, prestissimo! L'ennui, quand on était obligé d'aller manger dans une auberge, faute de pouvoir se préparer à manger soi-même (de un parce qu'elle n'avait pas de cuisinière, de deux parce qu'elle n'était pas chez elle), c'était qu'on devait attendre, et même doublement attendre. Attendre le serveur. Attendre que le plat soit prêt. Manger. Attendre l'addition. Et quand on était une comtesse en son genre, on préférait les plats en plusieurs services, de préférence. Genre, entrée, plat principal, dessert. Au moins. Si pas plus de services encore... Et le Seigneur savait que ce genre de cas arrivait assez souvent dans son cas... Le péché de gourmandise était peut-être celui auquel la jeune Elisabeth cédait le plus facilement, à vrai dire.

    Et encore une fois, aujourd'hui pour changer, elle avait été obligée de manger à l'auberge Nicholas Flamel. Pas qu'elle s'y rendait souvent, pas qu'elle n'y allait jamais non plus, ça dépendait en réalité fortement du moment... et de ses disponibilités. Mais elle appréciait le lieu: une belle maison, très ancienne, la plus ancienne de la ville même. Une auberge de qualité sans être trop étriquée. Un lieu... sympathique, en gros. Un lieu agréable à fréquenter. Un lieu qui symbolisait le Paris de la classe moyenne, en gros. Certes, Elisabeth n'était pas de la classe moyenne. Mais elle aimait parfois s'y mêler, oublier un peu son rang et ses obligations, et prendre un bon repas. Parce que oui, c'est pas pour dire, mais le premier but d'une auberge, ça reste quand même de manger...

    Perdue comme elle l'était dans ses pensées, la jeune comtesse ne vit quasiment pas le serveur arriver, et releva la tête juste à temps pour le voir à deux pas de sa table. L'homme franchit les deux derniers pas, se pencha légèrement vers elle. Elle lui passa sa commande: un simple steak au poivre ferait l'affaire, avec une assiette de soupe et un bavarois aux framboises. L'homme se retira alors, histoire d'aller prendre d'autres commandes; et la comtesse se replongea dans ses pensées, lorsqu'une voix vint l'interrompre...

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Elisabeth Amélie Joséphine Françoise d'Aubespin de Lontages
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MessageSujet: Re: Presto, presto, prestissimo! [libre]   Ven 5 Juin - 15:41

    Une des fameuses sorties de l'Opéra était réservée aux artistes, musiciens, et autres personnages tout aussi importants au sein du bâtiment. Ce soir là, c'était Robyn Dowsett qui poussait la porte pour s'en aller. Elle avait passée trois longues heures à répéter un titre et toute une mise en scène pour remplacer une Prima Donna indisponible pour le surlendemain. Le répétiteur avait été très pointu, et avait exigé de l'anglaise une parfaite maîtrise du morceau et des enchaînements scéniques. Si elle avait bien compris, c'était la Carlotta en personne qu'elle devait remplacer. Un grand privilège donc, et l'opportunitée d'intégrer un spectacle de qualitée. La jeune femme avait été fort flattée que l'on fasse appel à elle pour un tel rôle. Sentir cette scène sous ses pieds, rien que pour un soir de plus, à la place de la plus réputée chanteuse soprano de l'Opéra Garnier était quelque chose de magique. D'habitude, c'était Christine Daaé qui remplacait souvent cette Prima Donna en cas de problème, mais vu que cette dernière intervenait sur une autre représentation, Robyn avait décrochée la place. C'était une chose dont elle allait devoir profiter pleinement, car ce n'était pas prêt de se reproduire tous les jours...

    La lourde porte grinça un peu, et Robyn referma avec soin le battant de celle-ci. Il pleuvait légèrement, ce qui lui arracha un soupir de mécontentement. Sa calèche l'attendait déjà, et son laquais se tenait prêt à ouvrir la portière. Avant de s'aventurer sous les quelques mètres de pluie, Robyn veilla à abattre sa capuche sur sa longue chevelure. Elle attrapa deux pans de sa robe, et accouru doucement jusqu'a sa voiture pour se mettre au plus vite à l'abris. Elle annonca la destination à laquelle elle désirait se rendre en penchant doucement sa tête par un rideau.

    - Auberge Nicholas Flamel je vous pris.

    Le bruit des sabots de quatre magnifiques chevaux se fit entendre. Robyn, au chaud, abaissa sa capuche afin de sortir de quoi écrire pour avertir son professeur de chant. Elle avait décidé de lui faire remettre un mot, et chargerait le laquais de cette tâche. Un encrier était toujours à disposition à l'arrière, à la demande de Mademoiselle. Les mouvements de la calèche n'aidaient en rien, mais la jeune femme écrivit quelques lignes comme elle pu...

    Maria,
    Pardonne mon infidélité de ce soir.
    J'ai décidé d'aller souper à l'Auberge Nicholas Flamel.
    Porte toi bien.
    Avec tendresse,

    Ton élève, Robyn


    Elle plia délicatement la feuille et là glissa dans une fine enveloppe. Elle écrivit le prénom et le nom de son professeur sur celle-ci, et la garda précieusement entre ses mains. Plus elle avançait, plus le mauvais temps semblait s'abattre sur Paris. Un bon quart d'heure plus tard, la calèche s'immobilisa pour de bon. De nouveau, le laquais vint ouvrir à la chanteuse et la salua poliment. Elle lui accorda un signe distingué de la tête et lui donna l'enveloppe sans un mot. Il savait ce qu'il avait à faire en lisant simplement à qui elle était destinée.

    - Bien madame. Je reviendrais vous chercher d'ici...

    - Ne vous en faite pas, je marcherais.

    - Pardon ?

    - Je n'ai pas besoin que vous reveniez me chercher, ca me fera prendre l'air, et puis, ca n'est pas si loin !
    Il aquiesca, puis partit.

    Robyn resta plantée là, l'eau s'écoulant sur ses cheveux. Elle fixait cette auberge qui lui était familière de vue, mais dans lequel elle n'avait encore jamais mis les pieds. Pourtant, cette endroit lui inspirait sympathie. De sa jolie démarche, elle s'avanca jusqu'a la porte et entra. Le bruit envahit aussitôt son esprit, l'ambiance était chaleureuse tout en restant distinguée. L'endroit était charmant, vieux, mais très bien tenu. Un serveur lui souria, lui désigna une table vide du regard. Hors, Robyn n'avait pas envie d'être seule. Elle ignorait ce qu'elle était venu cherché en venant ici, mais elle avait juste eu envie de changer un peu de lieu pour manger, de découvrir par la même occasion de nouveaux goûts, de nouvelles recettes, peut être meilleures, peut être pas. Elle laissa courrir son regard le long des tablées.
    Une femme, surement de haute classe, était assise, seule. Elle était joliment habillée, et semblait très distinguée. Sans attendre, encore habitée par quelques manières non délicates, Robyn décida d'aller la voir...Après tout, peut être qu'un peu de compagnie n'allait pas la déranger. Peut être que cette femme était aussi d'une grande culture, peut être qu'elle aimait la musique, la danse, l'art en général, les poètes, et puis les peintres...Peut être qu'elle allait entretenir avec Robyn des sujets de conversations forts intéréssants. Et puis, un brin curieuse, la chanteuse désirait savoir si elle connaissait l'Opéra, si elle si rendait parfois, si elle aimait ces voix lyriques qui résonnent entre les murs des théatres, ou les mille décors qui les ornent...

    - Exscusez mon intrusion, Madame. Je suis seule en ce lieu, si jamais une compagnie féminine vous tente, même rien qu'un peu...Si vous voulez tout savoir, je sors d'une très longue répétition à l'Opéra et un peu de conversation ne serait pas pour me déplaire.

    La jolie femme brune releva ses yeux sur Robyn.


Dernière édition par Robyn Dowsett le Lun 20 Juil - 11:32, édité 2 fois
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Elisabeth de Castaignac
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MessageSujet: Re: Presto, presto, prestissimo! [libre]   Dim 5 Juil - 18:14

A l’auberge Nicholas Flamel, les choses allaient bon train. Bon ? Non, pas vraiment, mais disons à un train acceptable pour un restaurant se voulant d’une qualité plus qu’appréciable. De toute façon, Elisabeth n’était pas tellement pressée que cela, au fond… elle avait même encore tout son temps si on prenait en considération le fait que d’ordinaire la mécène pouvait faire attendre son débiteur autant qu’il lui chantait. Certes, elle détestait être en retard, et alors ? Ce n’était pas non plus comme si elle agissait ainsi à chaque fois ! Que du contraire même, elle était plutôt ponctuelle… Alors pour une fois… Ils allaient bien pouvoir attendre un petit peu. Au pire, elle leur ferait porter un message par son cocher s’il s’avérait vraiment qu’elle serait bien trop en retard. Elle n’aimait pas l’être, mais il était des moments où elle n’avait guère le choix, et aujourd’hui semblait être l’un de ces moments là. Elle était littéralement morte de faim, mais avait encore la patience d’attendre bien sagement que l’on vienne prendre sa commande, chose qui d’ailleurs vint relativement vite puisque à peine un quart d’heure après son arrivée, un serveur quelconque vint lui demander ce qu’elle désirait. Sans trop hésiter, elle choisit un menu au hasard : un magret de canard à l’orange soit un plat des plus classiques, avec une assiette de salade et de crudités diverses, une soupe au cerfeuil en entrée et une bouteille de pinot gris d’excellente cuvée, la meilleure qu’ils aient. Qu’il ne soit pas dit que la comtesse de Castaignac, ou plus exactement la veuve de Castaignac redevenue mademoiselle d'Aubespin de Lontages, ne se contentait que de peu et buvait des vins ordinaires dans un restaurant ordinaire !

Mais telle n’était pas la question principale, au fond, elle avait bien d’autres sujets sur lesquels s’inquiéter davantage. Comme l’arrivée de son repas, chose qui ne risquait pas de survenir de sitôt à voir la mine impatiente de certains clients arrivés bien avant elle et qui pourtant n’étaient toujours pas servis. Elisabeth prit alors son mal en patience et sortit quelque feuille sur laquelle elle puisse noter quelque petite chose importante à garder en mémoire, ou tout simplement les dépenses à envisager pour les prochains spectacles : il était prévu que deux opéras seraient donnés dans peu de temps, plus exactement dans un bon mois et demi. Il fallait donc sans attendre commander bien des choses, à savoir faire fabriquer décors et costumes par les costumiers de l’opéra. Les ébauches des vêtements étaient achevées depuis bien longtemps, les tissus et les accessoires achetés eux-aussi, il ne manquait plus que le remboursement des frais engagés par les directeurs de l’Opéra, frais auxquels elle prenait évidemment part en tant que mécène, à l’instar de son cousin au second degré le vicomte Raoul de Chagny. Ils devaient tous deux y prendre part, donc, et s’étaient auparavant arrangés sur les frais. Il ne restait plus à la comtesse qu’à calculer pour combien environ elle en aurait si l’on prenait en compte les bénéfices supposés de la représentation des opéras et les autres prix dont il fallait tenir compte dans la comptabilité, avant de retrancher du résultat obtenu le pourcentage réservé aux décors, ainsi que celui réservé aux costumes, et d’ensuite déduire la somme obtenue des frais engagés, et voir à combien environ se résumerait la contribution qu’elle aurait à apporter aux frais d’organisation de cet opéra. A coup sûr, il s’agirait d’une somme faramineuse, venant de la part des directeurs et de leur goût du faste, il ne pouvait en être autrement. Mais bon. Elle était déjà résignée à l’avance à ce genre de situations, et ce n’était pas non plus comme si elle manquait d’argent au point de ne plus pouvoir payer une part des décors et les costumes de l’opéra. Sans quoi elle aurait réellement renoncé au mécénat, tout simplement.

La comtesse en était toujours dans sa comptabilité lorsqu’elle entendit que l’on lui adressait la parole. Elle se redressa, releva ses doux yeux bruns sur la personne qui venait de s’adresser à elle d’une manière aussi cavalière, et aperçut une jeune femme un peu plus jeune qu’elle de toute évidence, ou au pire de son âge… mais pas plus âgée qu’elle à vue d’œil en tout cas. Enfin bref, la question n’était pas d’évaluer l’âge de cette jeune personne mais bien de lui répondre, car elle venait bien de l’apostropher, non ? Certes. Elisabeth eut alors un sourire en entendant que cette jeune personne faisait partie, à son insu, des personnes dont elle finançait une partie des représentations. Après un léger geste désignant la place face à elle, la comtesse écarta les deux feuillets qu’elle avait noircis de son écriture fine pour permettre à l’artiste de s’asseoir face à elle.

Je vous en prie, prenez donc place. Je ne suis guère contre la compagnie de qui que ce soit qui soit nanti de quelque éducation ainsi que de quelque raffinement. La compagnie du vulgaire m’inspire toujours la même répulsion, mais vous n’en êtes point.

Elle rangea les deux feuillets dans son petit sac à main et attendit que la jeune femme ait prit place pour se présenter, toujours sur ce ton calme et chaleureux sans pourtant être trop familier qui caractérisait si bien la comtesse. Il y avait en Elisabeth toute la noblesse que l’on puisse désirer chez une personne de son rang et de sa fonction, à laquelle on se devait d’ajouter cette légère touche d’insolence l’ayant menée à faire des études difficiles (mais brillantes) et cette chaleur toute relative plutôt due à son métier qu’au reste. Elle devait être un cas bien étrange, pour ne pas dire l’étrangeté incarnée dans une forme féminine, et l’exposait avec ce sourire aimable ainsi que ce regard tranquille, comme si tout le cocasse de la situation ne la gênait aucunement. Et pour y aller avec franchise, cela ne la gênait en effet nullement.

Nous n’avons guère eu l’honneur d’être présentées l’une à l’autre, mais je puis déjà être assurée du fait que mon nom soit déjà parvenu à vos oreilles et à votre connaissance. Je suis Elisabeth d'Aubespin de Lontages, comtesse de Castaignac, pour vous servir.

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MessageSujet: Re: Presto, presto, prestissimo! [libre]   Lun 20 Juil - 11:24

    Robyn fut soulagée. La demoiselle brune ne déclinait pas sa proposition. Elle prit place juste en face d'elle, la chaise provoquant un léger grincement contre le sol lorsque la soprano la tira. Elle s'installa, veillant à ne pas abîmer sa robe, dont elle souleva les pans. Elle laissa glisser une de ses mains dans ses cheveux, qui eux étaient encore un peu humides, et tentant de les recoiffer rapidement d'un simple geste. Enfin, les présentations eurent lieu. Le visage de Robyn s'illumina lorsqu'Elisabeth annonça qui elle était. C'était donc l'une des mécènes de l'Opéra ! La comtesse de Castaignac... Oui, tout cela lui revenait. Robyn avait eu vent de cette demoiselle qui soutenait l'Opéra Garnier. Il lui sembla même se rappeller qu'elle avait un lien familial avec le Vicomte de Chagny, mais ça, elle en était moins certaine... Elle était ravie de se retrouver en compagnie d'Elisabeth ici-même. La chanteuse aimait beaucoup rencontrer des personnages en lien avec l'art, la musique, la danse, le théâtre... Et ce surtout lorsque ces personnages avaient un lien direct avec l'Opéra populaire. Surtout que là, ce n'était pas n'importe qui...

    La soprane laissa ses pensées de côté et se présenta à son tour, avec délicatesse, le sourire aux lèvres.

    - Robyn Dowsett. Chanteuse Soprano de Second rôle au sein de l'Opéra Garnier.

    Elle abaissa légèrement la tête, en signe de respect.

    - En effet, votre nom ne m'est pas inconnu. Une mécène, si je ne me trompe point ? J'affectionne beaucoup nos mécènes, même si je dois reconnaître que je ne les connais que très peu. Cela dit, soutenir les arts est une action remarquable. C'est un honneur pour moi d'être face à vous.

    La coïncidence était charmante. L'auberge Nicholas Flamel n'était peut-être pas aussi inconnue que ce que pensait Miss Dowsett. La preuve.
    Juste après sa présentation, Robyn remarqua qu'un serveur s'approchait de leur table. Il déposa la commande de la comtesse, la bouteille de pinot gris, et se tourna vers elle pour lui demander ce qu'elle désirait manger.

    - Je vais prendre la petite soupe de maïs accompagnée d'un steak à point s'il vous plaît. Et, pour le dessert, une tartelette au citron.

    La jeune homme aquiesca et se retira en direction des cuisines. Robyn reporta son attention sur la mécène, qui n'avait pas bougée. La soprane se sentit un peu coupable.

    - Je vous en pris, commencez, ne m'attendez pas. Vous devez avoir faim, vous êtes là depuis plus longtemps que moi !

    Elle lui souria comme pour lui assurer que ses paroles étaient vraies.

    - Alors, depuis combien de temps faites-vous des dons à l'art ? Les mécènes ne courent pas les rues ces temps-ci, paraît-il.

    Et c'était vrai. Beaucoup de nobles avaient refusés de soutenir l'Opéra pour de simples raisons financières. Et Dieu sait, cependant, à quel point les arts étaient importants au sein de la vie française.


Dernière édition par Robyn Dowsett le Ven 28 Aoû - 10:18, édité 1 fois
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Elisabeth de Castaignac
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MessageSujet: Re: Presto, presto, prestissimo! [libre]   Jeu 27 Aoû - 18:23

La comtesse se faisait un réel plaisir de déjeuner en compagnie de quelqu’un qui lui semblait au premier abord sympathique et abordable. Pas l’une de ces personnes avec lesquelles elle avait eu le malheur d’avoir par le passé eu à dîner en leur compagnie : elle parlait des fats et des sorts issus de grandes familles ou au contraire sortant de nouvelles familles riches et prenant ce fait en considération d’autant plus que la république nouvellement amenée par la chute de l’empereur Napoléon III leur permettait de se situer socialement « à la même hauteur » que la noblesse. Elisabeth doutait de la validité de ces affirmations, car si maintenant tout citoyen tel qu’il soit avait droit aux mêmes considérations et à un semblant d’égalité (la révolution avait eu lieu pour ainsi dire un siècle auparavant… la chose avait été lente, on ne pouvait le dire autrement !), ils ne bénéficiaient pas des mêmes traditions et des mêmes mœurs… La noblesse, d’où venait-elle A l’ origine, de la chevalerie et des autres mérites militaires d’importance. Elle pouvait aussi provenir d’une charge acquise par un ancêtre particulièrement compétent, d’un achat de titre (chose malheureusement fréquente et qui parfois payait joliment bien, par exemple les Médicis qui à l’origine étaient pharmaciens et qui par la suite avaient donné deux reines à la France) ou encore d’un autre acte qui avait poussé le souverain à accorder au simple roturier un titre de noblesse l’élevant au-dessus de ses semblables d’autrefois et faisant donc de lui une personne distinguée. Il ne restait plus à cette personne distinguée qu’à inculquer à ses descendants d’importants principes… Certains se dégradèrent entre temps, d’autres pas, tout dépendait bien entendu. Et à bien y songer, il serait utopique de se dire que tous les nobles devaient être parfaits selon l’image que l’on rendait d’eux aux époques médiévales, tout comme il serait tout aussi utopique d’assimiler le noble à cette image d’Epinal qui le dépeint comme un débauché grevant son peuple d’impôts et de taxes, le réduisant presque en esclavage et se permettant sur lui tous les abus ! Un peu de bon sens voyons ! Mais… Elisabeth s’égarait, là, vous ne pensez pas ?

- Ravie de faire votre connaissance, Ms Dowsett, répondit la mécène lorsque la demoiselle se présenta. Elle ne la connaissait pas bien, de nom seulement et peut-être un peu de visu (pas beaucoup néanmoins, étant donné qu’elle ne passait pas ses jours à côtoyer tous les artistes de l’opéra avec assiduité. Néanmoins elle savait bien par le biais des directeurs et de tout le reste du personnel artistique, que cette chanteuse avait été l’une de celles auxquelles l’Opéra avait accordé la chance se de présenter dans un rôle d’importance pour une rare fois, pour la première fois de sa carrière peut-être (Elisabeth ne connaissait pas les carrières de tous les artistes par cœur, ce serait fastidieux et ça ne faisait pas partie de son travail, après tout. Elle était mécène, pas spécialiste en chanteurs d’Opéra ou un autre métier idiot du même acabit qu’elle ne pourrait pas encore nommer étant donné qu’il n’existait pas). Une chance, et un miracle si on échappait aux vindictes de la Carlotta et à ses manigances en tous genres, surtout dans les pires bien entendu.

Elisabeth fut bien vite tirée de ses pensées par toute la longue tirade que lui servait la cantatrice. De toute évidence, elle n’aurait pas vraiment à faire la conversation avec animation, miss Dowsett se débrouillait bien assez comme ceci pour ne pas en rajouter un peu trop. La comtesse vit alors le serveur s’approcher de sa table avec le plat qu’elle avait commandé, le déposer devant elle avant qu’il n’ouvre la bouteille de vin et ne lui en verse un généreux verre qui fit presque rougir la comtesse d’inquiétude tant elle craignait de ne pas boire tout : non seulement elle ne voyait pas l’intérêt de se saouler, mais en plus elle ne voyait pas non plus la raison de boire autant de vin en mangeant ! Mais parlant de manger, elle ne mangerait pas tout de suite, de fait. La politesse, l’Etiquette, les règles de bienséance élémentaires (nommez ce savoir-vivre comme vous le désirez) exigeaient toutes de patienter jusqu’à ce que la maitresse de maison (ou le dernier des convives si l’on mangeait dans un restaurant) soit servie. Et Elisabeth ne comptait pas manquer aux règles, quand bien même son rythme de vie était parfois effréné. On l’attendait ? Eh bien on l’attendrait ! Elle ne se rendrait pas malade pour de telles fariboles, vous pouvez l’en croire. Quand bien même elle demandait à ce que tout aille presto, presto !

- Oh non, je vous en prie miss… Je ne suis point affamée au point de me ruer sur le premier plat que je trouverais à ma portée !

Elle commença ensuite par lui poser une ou deux questions sur son emploi, si on pouvait qualifier ceci d’emploi, de mécène à l’Opéra Garnier. Une question à laquelle il était assez difficile de répondre étant donné qu’elle n’était la comtesse d’Aubespin de Lontages en titre que depuis deux ans. Auparavant, elle était tout d’abord la vicomtesse d’Aubespin de Lontages, l’héritière (celle que tous se plaisaient déjà à nommer la comtesse au vu de sa prestance naturelle et de son air altier qui devait disparaître avec l’âge et l’apprentissage de ce que l’on nommait alors la vie) d’une vieille famille ; avant de devenir la comtesse de Castaignac, de devenir la veuve de ce comte limousin qu’elle n’avait jamais aimé, et ainsi de recouvrer sa liberté. Elle n’était pas mécène depuis longtemps, elle l’était depuis la mort de son père. Mais depuis bien longtemps, sa famille soutenait les arts.

- Je ne pratique le mécénat que depuis deux ans, depuis le décès de feu monsieur le comte d’Aubespin de Lontages, mon père. Si mon expérience en matière de mécénat est uniquement basée sur la documentation que j’ai conservé des actes de mon géniteur, ainsi que sur une observation détaillée de ce qu’il faisait de son vivant, ma famille peut en revanche se targuer de soutenir les arts depuis plus de deux siècles. Pourquoi cette question ?

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