Il est certaines chansons à ne point chanter trop haut... A travers les murs de l'Opéra Garnier réside un air que tous murmurent et que nul ne chante : celui du Fantôme de l'Opéra... Qui sait de quelles sinistres partitions il sera l'auteur ?

 
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 Un Bal Masqué à l'Opéra!

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Le Masque
~L'homme aux mille visages~
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MessageSujet: Un Bal Masqué à l'Opéra!   Dim 1 Fév - 11:10

Il est un fait indéniable que l'Opéra Garnier organise de très beaux Bals Masqués. Nous, peuple de Paris, n'en gardons encore que trop souvenance, lorsque l'on évoque devant nous les fastes de notre premier Bal de l'Opéra, celui de l'Inauguration. Ah, on peut bien dire que les messieurs qui tenaient ce fameux Opéra, soit messieurs Mercier et Lefebvre, avaient du goût et du faste! La réception avait été des plus chaleureuses non seulement, mais aussi des plus huppées. Il ne fut pas rare de voir dans cette ambiance toute droite inspirée des anciens bals de l'époque du Roy Soleil quelque jeune homme de bonne famille et de bonne fortune faire la cour à quelque jeune femme en tenue des plus cocasses... car les bals, à l'Opéra, sont toujours masqués... ou presque. Car il se trouve toujours être des imbéciles ou des trouble-fêtes pour ne pas se masquer en telle occasion... Enfin bon, passons.

En ce trente et un Décembre, jour du Réveillon, tout ce que Paris contenait de beau et d'élégant avait été convié à ce bal masqué. L'Opéra n'en avait plus vu depuis bien longtemps, force avait été de l'admettre, et un peu de réjouissances en ces temps encore ternis par les conséquences de la guerre franco-prussienne. Les festivités manquaient aux parisiens, peu habitués à la guerre, et ils ne voulaient qu'une seule chose en cet hiver à la fois enchanté et désolé: un peu de gaieté! Un peu de vin, beaucoup de vin pour certains, beaucoup de musique, du luxe, du faste, de la beauté, des femmes! Un bal, en d'autres termes, et pas un lieu de débauches comme en fréquentaient encore certains. Paris voulait danser, Paris voulait s'amuser? Hé bien, on allait fournir de l'amusement et de la danse à la belle Paris!

Les deux directeurs de l'Opéra Garnier, messieurs Moncharmin et André, avaient décidé de jouer le grand jeu pour cette occasion rarissime. Tout avait été décoré avec tant de goût et de luxe que les gens n'osaient même pas se demander où avait été trouvé l'argent ayant servi à financer telle merveille. Certes, les fortunes des différents mécènes devaient y être pour quelque chose, mais à quel point, voilà une excellente question! Question que bien peu de gens se posaient, tant ils étaient ébaudis par la beauté, la somptuosité, de cette nouvelle fête. Tout le beau Paris y avait été convié, et les carrosses défilaient sans cesse autour de la fontaine de la place de l'Opéra, déposant jeunes gens en tenue de bal extravagante, messieurs d'âge mûr galants et en costume noir, dames âgées sobrement vêtues et aux airs amusés, vieux messieurs les accompagnants. De l'autre côté de l'opéra arrivaient, bien plus modestement, les artistes vêtus de simples costumes, leurs instruments en main. Et les divas, et les chanteurs, entreraient par la grande porte le moment venu. Et les grands de ce monde particulier qu'était l'Opéra en même temps qu'eux: l'architecte Charles Garnier et son épouse, en premier lieu, suivi des Directeurs de l'Opéra, des mécènes, des prime donne et des premiers chanteurs. Le monde serait ébahi de la festivité prévue...

Mais, et si nous l'observions arriver, ce monde?
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Nalynda Standhope

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MessageSujet: Re: Un Bal Masqué à l'Opéra!   Dim 1 Mar - 9:27

Pour à peu près rien au monde Nalynda n'aurait manqué un bal. Celui organisé à l'opéra pour le réveillon promettait de rassemblait à peu près tout le beau monde de Paris, toutes les personnes qui pouvaient être dignes d'intérêt. La jeune femme avait besoin d'ascension sociale, à n'en pas douter ; fraîchement arrivée ici, elle connaissait trop peu de monde, et se devait de se trouver une place dans la belle société le plus vite possible. Et quoi de mieux pour cela qu'un bal ?

Elle avait été invitée, évidemment. Bien que parisienne depuis peu, elle était de toute façon liée à l'Opéra. Et elle n'en restait pas moins d'une classe sociale très élevée ; elle ferait tout sauf tâche dans une si belle réunion !

Bien que veuve, donc libre de se promener sans chaperon sans soulever des commentaires, elle ne pouvait pas se présenter seule au bal. Elle avait besoin de venir avec quelqu'un qui pourrait la présenter à d'autres personnes, et ainsi par le jeu des connaissances, élargir son cercle de relations. Après, ce serait à elle de jouer sur cette fine tapisserie des conventions sociales pour dénicher les gens les plus intéressants à fréquenter, et s'assurer une introduction des plus parfaites dans la haute société de Paris. Tout allait se jouer ce soir.

Mais elle anticipait. Qui donc pourrait l'accompagner ? Anne-Helena d'Harcourt, évidemment. Sa « chère » cousine qui lui était si utile dans de tels moments. Venir en sa compagnie serait éminemment profitable ; nulle doute qu'elle connaitrait beaucoup de gens fort intéressants...

C'est ainsi que l'équipage de Nalynda, avec ses quatre chevaux noirs et sa voiture dernier cri se présenta devant le domicile d'Anne-Helena. Une fois la jeune femme installée dans le véhicule, celui-ci prit la direction de l'opéra, les emmenant toutes deux à la fête.

Il y avait un monde fou, devant l'entrée. Nalynda avait choisi le bon moment pour arriver, légèrement en retard pour se faire remarquer, mais pas trop pour ne pas être impolie. Arriver en avance était une abomination ; pour faire une entrée réussie, il fallait que des gens soient présents pour l'observer, sinon, aucun intérêt. L'équipage attendit son tour patiemment, puis vint s'immobiliser devant les marches de marbre de l'entrée. Nalynda descendit de la voiture avec une élégance calculée, acceptant avec nonchalance la main du cocher venu pour l'aider. Elle s'avança de quelques pas, observant les alentours sans en avoir l'air, passant au crible toute personne passant à portée d'oeil. Une fois Anne-Helena descendue, toutes deux gravirent les marches et pénétrèrent dans l'opéra. Nalynda se débarrassa de son manteau qu'elle remit à un majordome, révélant la toilette qu'elle arborait pour le bal.

Forcément, elle s'était mise en frais pour l'occasion. Une robe superbe, achetée exprès pour, à la dernière mode française. D'un pourpre soutenue, il donnait à ses formes une sensualité non négligeable. Tout était parfait, coupé exactement pour lui convenir, sans laisser aucun détail au hasard : le léger décolleté, un chouia plus profond que la mode ne l'autorisait, qui rehaussait le tout d'une point de provocation ; le corset très serré, qui mettait poitrine, taille et hanches opulentes parfaitement en valeurs ; les jupes à la tournure parfaite. Le tout lui avait coûté une petite fortune, mais la fin justifiait les moyens.
Elle n'avait pas non plus rechigné sur les détails, d'une absolue importance. Des gants de soie assorties, un collier ras du cou de perles noires et de rubis, ses boucles d'oreilles fétiches. Et le masque, évidemment. D'une couleur faisant écho à celle de la robe, recouvrant toute la partie haute de son visage, ne laissant visible que son menton et sa bouche. Décoré de plumes et de perles, il avait été choisi pour faire ressortir le regard bleu-vert de sa propriétaire. Restait enfin la coiffure, amas de boucles platines serrées en un assemblage compliqué, piqué d'une grosse fleur en tissu rouge sombre.

Nalynda jubilait. Si elle ne parvenait pas à faire impression avec ça, rien ne le pourrait. Relevant le menton, elle adopta une démarche élégante et fit son entrée, la tête haute et le pas sûr.
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Elswyn Zmeskall
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MessageSujet: Re: Un Bal Masqué à l'Opéra!   Dim 1 Mar - 18:55

Un Bal Masqué pour fêter la Saint Sylvestre et réveillonner le nouvel an à venir. Voilà bien une étrange idée, si l'on voulait l'avis d'Elswyn. Oui, mais justement, personne ne le lui demandait. Le jeune altiste n'avait donc d'autres choix que celui de se plier aux bons vouloirs de ses dirigeants, si tant est qu'on puisse nommer de tels hommes des "dirigeants".

Mais pour tout dire, Elswyn détestait les bals, et détestait ce genre de mondanités que certains osaient nommer festivités. Festivités? Pffffff, foutaises. Hypocrisie et faux sourires seraient les seuls à être réellement au rendez-vous, joie et sincérité étant certainement parties en vacances depuis bien longtemps, faussan compagnie aux hôtes de l'Opéra dès qu'ils auraient franchi le pas de l'illustre antre musicale... Mais si l'on croyait qu'il allair se plier à ce jeu de mesquineries mondaines, c'est qu'on se trompait lourdement.

Certes, il tacherait de faire bonne figure sur scène, alto en mains, mais uniquement sur scène. Pour le reste... Bon, s'il toruvait une jolie jeune femme pour danser, peut-être se laisserait-il, le temps d'une danse, enivrer par les accords que ses compères musiciens daigneraient alors lui offrir. Mais juste le temps d'une danse... Et encore fallait-il qu'il trouve une cavalière digne de ce nom. Autant dire qu'avec l'humeur maussade qu'il affichait dès lors sur ces traits durs, ce n'était pas gagné d'avance.

Oui, maussade. Et sans qu'il ne sache réellement expliquer pourquoi, il n'avait nulle envie de faire un quelconque effort pour enrayer cette mauvaise humeur, qui baissait dans les degrés de morosité plus vite que le degré celsius en zone polaire. Et c'est dans cet état d'esprit, ô combien positif et ouvert, qu'il descendit au Foyer des Artistes où la scène l'attendait. Il était prévu que les artistes se relaient, pour permettre à tout un chacun de profiter un peu de la fête. Mais tel qu'il était parti, Elswyn était bien tenté de laisser son tour à d'autres et de rester avec son alto. Seul compagnon vraiment fiable quand il était dans cet état d'esprit. Il sentait qu'il faudrait vraiment qu'on l'arrache de force de l'orchestre pour qu'il daigne prendre la pause, pourtant normalement imposée aux artistes...

Quand il entra enfin dans l'immense salle, il ne prêta pas même attention aux magnifiques décors, qui avaient dû coûter soit dit en passant une belle petite fortune. Fortune dont il connaissait en bonne partie l'origine d'ailleurs. Non, dorures et fastes décorations n'arrachèrent aucunement son approbation et encore moins son admiration. Certes, cela était loin d'être laid... mais de là à s'extasier devant cette beauté outrageuse et extravagante! Trop peu pour lui. Peut-être parce qu'il savait aussi quel pouvait être l'envers de la médaille de toutes ces richesses ainsi exposés sans honte et sans complexe? A savoir la faime et la misère du peuple... Bas peuple qui avait eu beau se battre lors de la révolution, se retrouvait toujours dans la même situation. Ou presque. Ahhh, ces Français! A la fois si fiers de leur révolution et si attachés aux nobles traditions... Une véritable contradiction, qu'Elswyn n'avait jamais réussi à percer vraiment, même après tant d'études en histoire de France.

Bref, là n'était pas le sujet du jour, se rabroua-t-il mentalement, tandis qu'il prenait place enfin sur la scène, auprès des quelques musiciens déjàà arrivés. Il avait une musique à jouer, un alto à faire chanter et un bal à amuser... Si seulement il n'avait pas ce masque qui le gpenait plus qu'autre chose! Au moins un bon point, remarquez. Avec un peu de chance, grâce au loup qu'on avait donné à porter aux musiciens, il pouvait espérer ne pas trop se faire reconnaître de certaines connaissances de sa soeur... Elisabeth...

Et soudain, à cette pensée, un brin de fierté l'envahit. Elisabeth serait là. Et il allait devoir lui rendre honneur dignement ce soir. Être à la hauteur de ce qu'on lui avait offert en le faisant ainsi monter au sein de l'Opéra... il devait lui rendre honneur, à elle et à son défunt père. Le Comte de Lontages. Comte, que, quelque part au fond de lui, il considérait lui aussi comme un père, comme jamais il n'avait considéré quelqu'un du moins, et qui avait laissé un vide immense en lui. Oui, ce soit, il jouerait pour le Comte et pour sa fille, sa soeur maintenant...

Elswyn sentit soudain, étrangement, comme un grand poids s'envoler tandis que les premiers sons discordants s'échappait de son alto, alors qu'il accordait son compagnon avant que la musique ne s'élève enfin, digne, majestueuse, telle qu'elle devait l'être et telle qu'elle le serait!
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MessageSujet: Re: Un Bal Masqué à l'Opéra!   Dim 1 Mar - 19:04

Trente et un décembre. En général c’était un bon jour. Un jour joyeux pour tout le monde. En théorie. On passait souvent le jour du réveillon en famille. A rigoler, à bien manger. A faire les fous. A jouer de la musique pour les plus jeunes, comme pour les plus vieux et on se couchait tard. Voilà ce qu’était un vrai réveillon pour Guillaume Fontaine, petit Bordelais, monté à Paris pour jouer à l’Opéra Garnier. Mais cette année, il ne descendrait pas à Bordeaux. Non. Ça le peinait mais il ne pouvait pas louper cette soirée qui l’attendait à l’Opéra. Sa mère en avait été aussi déçu. Comme son père d’ailleurs mais ils avaient compris. Et puis, ce n’était pas le dernier nouvel an. Il y en aurait d’autres où Guillaume ou Gigi pour les intimes descendrait dans sa région natale, revoir sa famille. Mais ce soir-là, il serait à l’Opéra. Pour un Bal. Mais pas n’importe quel Bal. Un Bal Masqué. Tout à fait son style. Le Bal Masqué. Ou bien évidemment sa présence était de mise. Normal, en tant que musicien, il se devait d’être là pour jouer et permettre à la Foule de danser sur des airs lents ou rapides. C’est avec un sourire sur les lèvres, qu’il passa son haut de costume. Certains auraient pu prétendre que pour un Bal digne de l’Opéra Garnier, cette tenue ne convenait guère. Sans doute avaient-ils raison mais que voulez-vous lorsque l’on s’appelle Guillaume Fontaine, on ne pouvait pas porter une tenue décente, sobre et tout à fait convenable pour ce genre de réception. Guillaume, lui, préférait une tenue bien plus extravagante que ces vulgaires costumes noirs ou gris que les ‘monseigneur’ portaient pour les soirées. Pour tout dire, Guillaume trouvait ces tenues trop parfaites et surtout trop ennuyeuses. Sa tenue était bien plus colorée, bien plus extravagante, bien plus tout en fait. Tout en lui le ferait montrer du doigt. En même temps, il en avait l’habitude. Depuis tout petit, il était ainsi. Pas comme les autres. Se démarquant pour tout mais il ne s’en portait pas plus mal. De toute façon, il se fichait pas mal de ce que pouvait penser les autres à son égard, tant qu’il était heureux c’était le principal. Et tant que sa famille l’était aussi, c’est tout ce qui comptait. Son mentor, Gaspard Bouchart était passé dans l’après-midi. Une belle après-midi en somme. Mais passons, ce n’était pas le sujet et encore moins le moment. Il continua de sourire, observant sa veste bleue azur. La convenance aurait voulu qu’il soit en gris ou noir, ou encore en blanc mais le bleu lui allait tellement mieux au teint. Et puis qu’ils profitent tous de voir Guillaume porter une veste de cette sorte. Il était plutôt du genre à porter une chemise colorée et entrouverte, et un pantalon en toile tout aussi coloré que le haut. On est différent où on ne l’est pas. Et puis c’est ce qui avait séduit Gaspard. Allez savoir pourquoi. Enfin bref… Ce soir il allait à un Bal Masqué. Ce qu’il y avait de bien au Bal Masqué, c’était l’anonymat des convives. Enfin pas pour lui. Tout le monde saurait qui il était rien que dans sa tenue. Et puis même s’il avait une tenue classique comme la coutume l’exigeait, il était dans l’orchestre donc tout le monde saurait que c’était le premier violoncelle. Pour l’anonymat, on repassera. En fait, il ne devrait pas y aller avec un loup puisque de toute façon on le repérerait. Mais il jouerait quand même le jeu. Après tout c’était un Bal Masqué, il viendrait donc masqué. Peut-être avec autre chose qu’un loup, allez savoir. Et peut-être que finalement, personne ne le reconnaitrait ? Mouais il ne fallait pas trop y compter, il devait être le seul invité au Bal à être aussi étrange. Rectification. Il était le seul. Pour le moment. Peut-être qu’un jour, quelqu’un d’aussi extravagant que lui viendrait. Certes, il n’y comptait pas de trop mais comme dirait le proverbe, l’espoir fait vivre.

Il bailla un cou et s’étira. Il était temps d’y aller sinon il risquait d’être en retard et pas sûr que Gilles André et Richard Firmin apprécient que leurs musiciens arrivent en retard pour un évènement aussi important qu’un Bal Masqué du Réveillon du Premier Janvier. Ça ferait un peu tâche. En même temps, Guillaume Fontaine faisait un peu tâche parmi tout ses êtres bien habillé, aimant tout ce qui était droit et carré. Il faisait office d’être venu d’ailleurs. Oh ça ne le dérangeait guère, il en avait l’habitude mais de temps en temps, il aimerait bien avoir quelqu’un comme lui. Ça lui changerait un peu que tous ces hommes trop droits et trop strictes. Un peu d’exubérance que diable. Il éclata de rire. D’un rire enfantin et attrapa son violoncelle tout en secouant la tête sans cesser de rire. Il aimait rire. Il riait tout le temps, pour un oui ou pour un non. Toujours d’un rire d’enfant. Le rire qu’il avait depuis tout petit, le rire qu’il refusait de perdre pour un rire d’adultes, complètement sevré de la folie enfantine. Il ne voulait pas être adulte. Pourtant il l’était qu’il le veuille ou non. Il aimait, comme les adultes, il travaillait comme les adultes. Il vivait comme les adultes et pourtant son esprit, son âme et son être étaient encore de grands enfants voulant à tout prix reculer le moment où ils allaient devoir faire face à leurs devoirs de grands. A ce moment, il n’aurait plus l’insouciance que pouvait avoir un enfant. Il devrait prendre ses responsabilités. Cela viendrait. Un jour. Pour le moment, il allait devoir sortir dans le froid de l’hiver pour se rendre à l’Opéra. A pied. Oh il pourrait y aller en diligence comme le voulait la tradition. Mais non. Guillaume n’aimait pas la tradition, il préférait tout ce qui sortait du commun. Et puis ça lui ferait prendre un peu l’air. Et puis, en y allant à pied, il pourrait arriver à enlever cette boule de nerf qu’il avait l’estomac depuis que sa main gauche c’était posé sur l’étui de son instrument. Un stress qu’il avait à chaque début de concert, un stress qu’il avait dès qu’il frôlait son instrument. La peur de mal faire sans doute. Il sortit de chez lui. Son appartement se trouvait au troisième étage d’un immeuble situé aux Marais. Endroit qu’il affectionnait tout particulièrement. Parce que c’était ici qu’il était arrivé à Paris pour la première fois. C’est ce quartier qu’il avait découvert. C’est ce quartier avec qui il avait vécu avec son Mentor durant toute ses années. Et puis c’était un lieu si épique, surtout avec sa place. Place que Guillaume aimait tout particulièrement pour y posséder un petit parc en son centre où l’on pouvait venir y flâner tous les jours de l’année. L’immeuble plutôt silencieux pour un soir de réveillon, Guillaume descendit les escaliers qui le menaient dehors et marcha le long de la rue jusqu’au bord de la Seine, qu’il longerait jusqu’au pont, pour continuer ensuite jusqu’à l’Opéra Garnier qui se situait près de la Rue de la Paix. Rue qui se terminait par la place Vendôme, place des Grands Bijoutiers. Arrivé dans le quartier, l’animation qui y régnait lui réchauffa un peu le cœur mais il n’aurait pas su dire pourquoi. Peut-être que cela lui rappelait son Bordeaux natal grandement animé le soir du réveillon. C’est avec un sourire aux lèvres qu’il continua sa marche jusque sur la place de l’Opéra. Il stoppa, posant son étui au sol et observa l’Opéra. Depuis qu’il jouait, il en avait rêvé et aujourd’hui, il était là. Il faisait parti de ceux sélectionnés par le Maitre de Cérémonie. Méritait-il cette place ? Souvent il s’était posé cette question. Peut-être qu’il ne devrait pas être là. Peut-être devrait-il retourner dans son théâtre de quartier sans pouvoir espérer plus. Mais pourtant, il était là. Et il en était fier. Oui fier. Il sortit alors son masque. Pas un loup. Juste un bout de tissus avec deux trous dedans. Guillaume faisait toujours dans l’original. Certains diraient marginal. Il se contentait juste d’être lui-même. Il reprit son instrument et traversa la rue. L’entrée des Artistes. Il pénétra dans l’antre du fantôme. C’est ce que l’on disait. Peut-être était-ce vrai mais Guillaume n’aurait su le confirmer, il n’avait jamais rencontré celui qui se faisait appeler Erik. Sans vraiment regarder devant lui, il se rendit au Foyer des Artistes, salle où devait se produire le Bal et entra après avoir saluer le portier. D’un pas décidé et saluant les convives déjà présent, à savoir les Directeurs et sous-directeurs que l’on pouvait trouver en ce lieu, il partit s’asseoir au fond de la pièce, l’endroit réservé aux musiciens. Il remarqua qu’il n’était pas le premier arrivé mais l’Altiste Elswyn Zmeskall ainsi que d’autres musiciens. Il les salua d’un geste rapide de la main et partit s’installer à droite de l’orchestre, comme tout bon violoncelliste qui se respecte et sortit son instrument. Lentement, il se prépara puis regardant toute la salle, il attendit que le bal commence.
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Elisabeth de Castaignac
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MessageSujet: Re: Un Bal Masqué à l'Opéra!   Sam 14 Mar - 20:53

    Le carosse se retrouvait pris dans les embouteillages, les chevaux marchant encore moins vite qu'au pas, et la comtesse, prisonnière de l'intérieur confortable, regardait par la fenêtre la neige tomber lentement, telle une chute de plumes duveteuses sur Paris en ce jour du réveillon. Il était à peu près vingt heures, à en croire les cloches de Notre Dame qui avaient sonné il y a si peu de temps, quelques minutes à peine a priori, et la comtesse avait encore quelques minutes à patienter en regardant la neige: l'Opéra était en vue. Et déjà, la comtesse s'impatientait: elle avait toujours adoré les réceptions à l'opéra, elle avait toujours adoré la musique et les réceptions en général, et elle appréciait la danse. Soucieuse de son apparence, la comtesse jeta un oeil sur sa tenue, et sembla se rassénérer quelque peu: élue comme Reine du Bal, plus par ses contributions financières que pour les maigres mérites de sa non moins maigre beauté, il fallait bien l'avouer, elle avait intérêt à se montrer à la hauteur des espérances de la direction de l'Opéra!

    Pourtant, si elle s'était regardée de plus près, elle n'aurait pas eu à s'en faire. Elle avait, tout spécialement pour l'occasion, fait faire une robe à sa mesure, robe à la fois assez simple vu les goûts parfois un peu extravagants de la demoiselle, et en même temps assez complexe pour se montrer à ce bal masqué, la digne Reine. Toute de velours bleu nuit, presque noire, la robe était à la fois simple et complexe, mais demeurait sans conteste élégante et appropriée aux danses: quoi de plus gênant pour danser qu'une crinoline telles que les avait portées sa mère il y a vingt ou trente ans? La robe d'Elisabeth était d'autant plus raisonnable qu'elle se devait d'ouvrir le bal, et qu'elle avait donc intérêt à danser plus que convenablement... La robe, donc, n'était pas énormément imposante, pas plus que de raison en tout cas, et pas plus que ce que la mode en exigeait: Elisabeth cédait facilement aux mondainités en tout genre. Ainsi revêtue de velours à la couleur de la nuit, une capeline de fourrure blanche négligemment getée sur ses épaules, les mains gantées de dentelle blanche et argentée, et parée de ses plus beaux atours, la comtesse avait toutes les chances de faire une reine du bal acceptable. Convenable. Mais guère plus.

    Le valet en livrée qui siégeait aux côtés du cocher descendit, ouvrit la portière par la fenêtre de laquelle Elisabeth regardait le paysage quasiment fixe, et la comtesse s'aperçut à sa plus grande stupeur qu'ils étaient devant l'Opéra. Reprenant alors contenance, affichant un doux sourire de convenance et poignant dans sa jupe pour pouvoir s'extirper de la voiture, la jeune femme descendit posément de son moyen de transport, pour se retrouver à l'extérieur, aux prises avec le vent glacé. Se hâtant autant que possible, et plaignant en son for intérieur le cocher et le valet, grimpa avec une hâte difficilement dissimulée la volée d'escalier menant à l'intérieur de l'Opéra, traversa le hall d'un pas plus posé: la chaleur environnante était déjà bien plus agréable que cette maudite bise glacée qui soufflait à loisir dehors! Sourire aux lèvres, elle saluait d'une gracieuse révérence ou d'un signe de tête, suivant les rangs et les usages, les gens qu'elle croisait dans le hall, marchant tranquillement, élégamment vers le Foyer des Artistes, où avait présentement lieu la fête. Ou du moins, ses débuts...

    La comtesse fut alors introduite par deux valets de l'opéra en livrée. A nouveau, les saluts, les discussions futiles, l'écoute des musiciens qui s'accordaient. Elle s'accorda même un petit moment, un très court instant, pour saluer le Konzertmeister (qui avait été son professeur de violon il fut un temps), son frère de coeur Elswyn Zmeskall, ainsi que, plus formellement cette fois ci, les autres musiciens de l'orchestre. Inutile de tailler une bavette avec eux, n'est-ce pas? Le bal allait bientôt commencer. Rapidement, Elisabeth, en sa qualité de reine du bal, se fondit dans la foule pour mieux s'évaporer quelque part entre deux groupes. Qui serait le roi du bal, elle l'ignorait, et préférait encore l'ignorer (c'était plus prudent). Tout ce qu'elle savait, c'était que ce monsieur, probablement l'un des mécènes de l'Opéra, l'inviterait à danser... Simple, non? Alors, tranquillement, Elisabeth savoura les derniers moments qu'elle passait en sa qualité de simple convive... Car ça n'allait pas durer...


[HRP: Un gentil monsieur pour m'inviter à danser?]

_________________


Elisabeth Amélie Joséphine Françoise d'Aubespin de Lontages
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MessageSujet: Re: Un Bal Masqué à l'Opéra!   Lun 16 Mar - 10:45

Devant le miroir de sa chambre, Freyja s’observait avec une certaine tristesse dans les yeux. Ses iris de couleur de pluie exprimaient parfaitement son ressentiment face à cette soirée qui commençait déjà à s’animer à quelques lieux de là. Dans quelques minutes, elle savait déjà qu’elle entendrait d’ici peu les pas de Garnier dans l’escalier qui l’appellerait et qui la prierait de se dépêcher. Au seuil de la porte elle savait déjà que Frédéric l’attendrait dans ses plus beaux atours… Et là-bas? Que l’attendait-il? Elle n’osait pas y penser. Ses cheveux de neige et bouclés étaient remontés en une coiffe de plumes noires et ténébreuses et de bleu qui faisaient ressortir ses yeux déjà trop maquillés et mis en évidence avec une certaine touche d’arrogance. Sur son visage, il n’y avait pas de masque : un maquilla exagéré entremêlé de plusieurs pépites noires et bleu à leur tour se trouvait là. Du mascara exagéré, un rouge à lèvre bleu et noir....Et un maquillage qui donnait l’impression de regarder une oie… Ou plutôt un cygne… Un cygne noir et pourtant qui semblait morne et triste devant son propre reflet. En descendant un peu plus bas, on y découvrait un corsage tout autant flamboyant que le maquillage. Même qu’à plusieurs endroits sur le torse de la jeune demoiselle, on y avait maquillé la peau. Dans son dos dénudé, on avait peint un dégradé de noir et de bleu, entourée de pierres alors que des plumes, formant de petites ailes, agréaient à l’idée du cygne noir. Ses bras enroulés dans le voile noir, laissant paraître sa peau blafarde. Un tour de cou couvrait la majorité de sa gorge frêle… Et puis, on descendait. On découvrait le corset très détaillé qui s’agençait parfaitement à l’allure de la belle demoiselle sous cet attirail. Et puis, il y avait ces mille et un jupons. Elle se sentait prise d’une immense angoisse à se faire tant remarqué de la sorte… À vrai dire, qui aurait été assez aveugle pour ne pas la remarquer! Elle était hideuse et pourtant si magnifique. C’était de cette beauté sinistre et lugubre dont seul la paria se vêt… C’était là un mélange bien étrange.

Comme elle l’avait prédit, Garnier se pointa sur le seuil de la porte, la regardant avec une grande admiration, allez savoir pourquoi! La jeune Norvégienne lui rendit un petit sourire timide alors qu’elle acquiesçait d’un simple signe de tête. Jetant un dernier regard à son allure, elle ne put que soupirer encore une fois avant de quitter sa chambre… Ah, c’était là bien dommage qu’elle ne puisse y rester plus longtemps encore. Mais Ardwenna devait se réjouir un peu… Là-bas, elle y verrait Skall… Et puis Lizzie! Et ensuite peut-être même Anne! Ah, sa petite Anne! Elle espérait la voir bientôt! Elle qui tenait tant à garder la surprise pour le nouvel an… Elle lui manquait tant, cette chère cousine! Ses pas se suivaient nerveusement. Elle n’arrivait pas à croire qu’elle ose se montrer sous les accoutrements qu’on lui avait imposés! Ses grands-parents adoraient tant la voir admirée et convoitée… Mais comprendraient-ils son désir de discrétion? Elle qui détestait les regards et les remarques, il avait fallu qu’elle se laisse faire, comme une vulgaire poupée qu’on vêtit à son goût et qu’on maquille sous l’envie. Garnier lui tenait alors le bras, gardant cet air digne et ce sourire heureux qui le désignait parfaitement sous le propre costume bien simple de ce dernier. Il fallait dire que pour une fois, elle enviait bien les habits de l’architecte! Simple, très majestueux et somptueux… C’était sans doute cette simplicité qui rendait grâce à ce costume. Qui aurait cru qu’un jour, Charles puisse prendre le rôle de prince charmant? Ah, que voulez-vous! Elle ne pouvait alors que ricaner à l’idée de voir Marie qui devait être la princesse de notre bon vieil ingénu! Elle descendit les escaliers sous le regard de ses grands-parents qui se trouvaient juste à la dernière marche, vêtu à leur tour de leurs plus beaux atours, tandis que, là, un peu plus loin, elle voyait Antoine avec un grand sourire. Comme il était beau ce cher Antoine! Et puis, à ses côtés, il y avait l’homme mondain de Paris par excellence : Frédéric. Elle ne savait ni comment, ni pourquoi, mais Fédéric avait ce petit quelque chose de sauvage et d’étranger à la bourgeoisie… ce petit quelque chose qui le distinguait du reste et qui ne cessait de lui serrer le cœur… Ah, quelle joie d’avoir un jeune homme de sa transe comme cavalier.

Elle se contenta de saluer la bande avant de se joindre au fils aîné des Garnier en lui envoyant un gentil baiser sur la joue droite, comme à son habitude… Le tâchant de noir et de bleu à l’occasion… Ah, que voulez-vous, elle adorait taquiner… Surtout lorsqu’il s’agissait de Frédéric! Ayant passé son enfance à ses côtés, il y eut même un temps où elle et lui eurent cette aventure de quelques années qui ne perdura pas, à sa grande déception… Ou plutôt, à ce petit je-ne-sais-quoi qui lui avait donné l’indifférence totale du sujet. Garnier à sa droite et ses deux fils à gauche, le beau petit oisillon noir souriait de plus belle. Ils entrèrent dans les voitures : Garnier, Marie, leur fils Frédéric et Freyja dans le premier attelage, Le Duc et la Duchesse d’Harcourt avec, à leurs côtés, Antoine et sa cavalière, fille de roturier : Émilie Dubois. Tous parlèrent, se mettant dans l’ambiance peu à peu, riant de plus en plus! Tandis que, dans un coin de la carriole, la main de Frédéric sur son genou alors qu’elle-même prenait la sienne, elle détournait le regard. Tous connaissaient l’anxiété de la jeune femme qui détestait être vêtue de la sorte. Elle soupira une nouvelle fois, mais déjà, il était trop tard pour revenir : le carrosse était déjà en route…

La route fut courte en considérant que la pauvre Duchesse de Kristiansand tentait d’allonger son temps, mais, malheureusement, il courait toujours, ce sacripant! Elle voyait déjà l’opéra qui s’approchait dangereusement d’eux. Ah, mais voilà déjà que la voiture s’arrêtait. Serrant un peu plus la main de son bon ami, elle ne reçut que pour simple consolation qu’un baiser sur le bout des doigts et un sourire en coin. Elle ne pouvait que se réjouir et rire d’une seule et unique chose : elle pourrait retracer son parcours de ce soir avec ce rouge à lèvres-ci. Déjà que Frédéric avait eu droit à ce supplice, elle pourrait davantage en rire au courant de la soirée, n’est-ce pas? Et là, sans dire un mot de plus, la petite bande descendit de la carriole, laissant derrière eux le laquais qui leur souriait avec enthousiasme. Les jeunes gens passèrent alors le grand escalier et ensuite les valais les attendaient… Oh non… Le nom Garnier attirerait les regards, c’était inscrit dans le ciel! Exaspérée, elle ne put que tirer la manche de Frédéric qui lui, comme toute réponse se mit à rire et à l’entrainer de force. Ah non! Par pitié! Elle n’aimait pas du tout ça… Et alors, finalement, ce ne fut pas la mort… Même si la plupart des invités s’étaient retournés sous le nom de Frédéric et d’Harcourt (puisque qu’ici, à Paris, elle préférait de loin n’être que d’Harcourt, rien de plus, ni de moins!)! Elle ne put que ravaler sa salive avec une grande difficulté. Doucement, ils s’introduisirent dans la pièce… Bientôt, elle reconnut Elisabeth, là-bas! Et puis Elswyn à l’orchestre! À gauche, elle vit passer Antoine, puis ensuite ses grands-parents qui suscitèrent l’intrigue de tous. Elle effleura ses lèvres d’un étrange sourire sous le passage de ces messieurs, dames qui la voyaient dans cet accoutrement qui avait eu le don de la gêner. Heureusement, elle sentait le bras de son cavalier près d’elle, qui, à chaque fois qu’il Freyja sursauter sous le regard de celui-ci ou celle-là rirait avec une grande légèreté. Ah, ces Garnier, tous les mêmes! Mais bientôt, la compagne norvégienne se détacha de son charmant compagnon français, elle fouinait à travers les invités, cherchant où pourrait bien se trouver le reste des gens qu’elle connaissait… You hou? Elisabeth? Anne?... Skall? Mais où étiez-vous? Mais dès qu’elle vit l’orchestre, elle s’y arrêta quelques instants, cherchant son bon ami hongrois des yeux… Lui devrait bien savoir où se trouvait Elisabeth? Et puis, en voyant Zmeskall ici, elle pourrait rapidement se rassurer de n’être plus vraiment seul, et ce même si son cavalier ne cessait de la suivre et d’être aux petits soins avec elle…
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Anne-Helena de Milhade
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MessageSujet: Re: Un Bal Masqué à l'Opéra!   Lun 16 Mar - 19:55

Et voilà donc que le nouvel an se faisait sentir. Ce n’est pas qu’Anne appréciait particulièrement ce bal plutôt qu’un autre, seulement, cela faisait du bien de sentir que les choses repartaient à zéro. Une nouvelle année qui commence, ça change l’air! La journée s’annonçait belle pour la veuve et l’orpheline. Toutes deux, elles s’étaient préparées pour paraître à leur meilleur et, chose certaine, ce n’était pas un échec. Nina portait une robe rouge teintée de jolis contrastes dorés; deux couleurs qu’elle affectionne particulièrement. Cependant, elle se décida d’être minimaliste dans ses bijoux. La simple chaînette que son père lui avait offerte et, de longues boucles d’oreille qui ressortent et illuminent sur le fond noir que créaient ses longs cheveux. De beaux souliers pour aller avec ça et voilà, le tour était joué. Cependant, la jeune baronne mit l’accent sur le masque. Blanc, rouge et doré, il était plus que surprenant. Plumes, ornements et deux trous pour les yeux entourés d’un ligne noire comme le charbon qui faisait briller les yeux verts d’Anne. Pourquoi ce masque? Pour se faire remarquer? Un peu. Pour qu’on ne voit pas son vrai visage? Très bonne idée, comme ça, elle allait pouvoir faire ce que bon lui semblait!

Même si cette journée était consacrée au bal, il n’y avait pas que ça. Marie-Catherine partit avant sa chère fille puisque celle-ci allait être reconduite par sa cousine : Nalynda. Chose qui, soit dit en passant, faisait grandement plaisir à Anne-Helena. Elle allait pouvoir être tranquille à la maison pendant peut-être une heure…Une heure et demi? Bref! Cela était fort suffisant pour s’amuser! Vous vous souvenez de ce jeune voyou qui avait conquit le cœur de la baronne? Et bien, celui-ci ne s’était toujours pas éclipser de sa vie! Anne était persévérante et lui aussi! Rien ne les empêchait de se voir encore. Certes, lui s’en servait plus comme d’un jouet que par amour mais, elle, elle l’aimait. Il était son homme. Celui avec qui elle étouffait ses péchés et partageait ses nuits…ou du moins, les quelques heures qu’elle pouvait! C’est donc lorsque Marie-Catherine fut partie que le rustre amant de la baronne s’introduisit dans la demeure de celle-ci. Il monta silencieusement l’escalier avant de tomber face à face avec Manhienna qui, étant habituée, de fit que le regarder avec dégoût et continuer sa route. Il entra donc dans les appartements de la baronne là où son jeu l’attendait. Elle était dos à lui, face au miroir. Il arriva silencieusement et la prit par la taille avant de l’embrasser dans le cou. Ce ne fut pas long que les choses se corsèrent. Sachant qu’elle devait partir bientôt, Anne lui demanda de descendre à l’étage du bas, histoire de surveiller la venue de sa cousine qui, à son humble avis, lui est pratiquement inconnue mais bon, c’était l’occasion de faire connaissance. Durant tout le trajet pour descendre à l’étage inférieur, les deux amants de se lâchèrent guère. Il n’y eut presque pas un instant où Helena mit le pied par terre. Sans le vouloir, ils ont même accroché un vase qui était là, debout sur une étagère…

- N’y pense pas, je dirai à Manhienna de dire que c’était moi en m’habillant…

Réussit-elle à dire entre deux baisers.Leurs petites courbettes amoureuses étaient un petit peu coupées par la complexité des vêtements que portaient la baronne. Il fallait croire qu’ils allaient se contenter de peu. Mais, depuis quand le dénommé Anthony n’allait pas au bout de ses désirs? Certes, la coiffure d’Anne en prit un coup mais, elle sut tout remettre à l’ordre pour que rien ne paraisse. C’est alors qu’ils s’embrassaient fiévreusement dans le hall qu’ils entendirent des chevaux faire leur entrée dans la cours. La baronne se dépêcha de sortir après avoir embrasser et caresser son amant une dernière fois.

- Ne sort pas tout de suite. Attend que je sois partie et, sors par derrière…

Finit-elle avant de recevoir un baiser et de se faire accotée contre le mur histoire de recevoir plus de caresses…

- Je dois y aller…

Dit-elle en se dégageant et en se dépêchant de sortir pour rejoindre sa cousine et les gens qui l’accompagnaient Cependant, Manhienna qui était sortie l’intercepta…

- Manhienna : Anne bon sang! Tu n’es pas consciente de ce que tu fais!

- Mani, je n’ai pas le temps, je dois partir! Pour le vase, dis que c’est moi!

Dit-elle tout en continuant sa route sans donner de précisions…Quelle surprise ce serait pour la domestique de trouver l’homme qu’elle détestait dans la maison! Rapidement, Anne-Helena rejoignit Nalynda et ses convives.

Ce ne fut pas long qu’ils arrivèrent à l’opéra. Là, comme à son habitude, mademoiselle d’Harcourt se fit annoncer et reluquer mais, sincèrement, en ce moment-là, elle avait bien d’autre chose en tête. C’était d’ailleurs ce qui lui valait ce sourire en coin si charmeur. L’amour attire l’amour, dit-on! Elle se dirigea donc rapidement vers l’intérieur pour ne pas endurer le froid. Et oui, elle était venue seule…À quoi bon venir avec quelqu’un alors que le seul homme à qui elle pensait ne pouvait même pas se permettre une telle sortie? Rapidement, elle délaissa sa cousine sans même le lui dire…Après tout, les deux avaient l’air aussi indifférente l’une que l’autre. Ce n’était pas qu’Anne ne l’aimait pas, seulement, elle n’avait que son Anthony dans la tête. Ne prenant même pas le temps de regarder autour, elle se dirigea là où elle pourrait se rafraîchir les idées et, elle en avait bien besoin! Elle se prit un martini avant de s’accoter sur le bar et d’admirer la foulée…Quoique sa concentration était beaucoup plus fixée sur ses pensées…Si au moins son amant pouvait être là! Mais bon, peut-être trouverait-elle quelqu’un d’autre avec qui passer le temps? Qui sait…
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MessageSujet: Re: Un Bal Masqué à l'Opéra!   Sam 28 Mar - 16:52

A peine étaient-elles arrivées qu'Anne-Helena la quittait pour se diriger vers le bar. OK, bon ben ça c'était fait. Nalynda voulait bien croire qu'elles entretenaient des rapports plus polis que chaleureux, mais là quand même, c'était fort. Il faudrait qu'elle s'y prenne plus délicatement avec sa cousine. Inspirer la sympathie et la camaraderie marchait sans doute mieux sur ce genre de personnalité ; Anne-Helena était trop intelligente pour ne pas comprendre que la lady l'exploitait, comme elle faisait avec tout le monde dans son entourage. Nalynda devrait s'occuper de redorer son image plus tard, et surtout de lui faire comprendre qu'elle l'estimait suffisamment pour laisser sa cousine se servir d'elle-même en retour. Donnant-donnant, chacune y trouvait son compte. Mais encore fallait-il qu'Anne-Helena comprenne ça.

En attendant Nalynda n'allait certes pas lui courir après, et se retrouvait donc toute seule, position des plus inconfortables. Vu qu'elle ne connaissait personne ici, elle se sentait bien bête de rester plantée là sans savoir quoi faire. Il était impensable qu'elle entame la conversation avec le premier venu, évidemment ; on ne pouvait se parler que si l'on avait été présenté en bonne et due forme, c'était la base quand même. Enfin, à Londres du moins. Nalynda n'avait pas remarqué de différences fondamentales dans l'étiquette entre les deux capitales, m'enfin il pouvait y avoir des exceptions. Surtout que c'était en plus un bal masqué, donc censé être anonyme. Mais dans le doute... Elle ne tenait vraiment pas à se couvrir de ridicule.

Perdue et esseulée, elle se dégagea du chemin et avança mollement en direction de l'orchestre. Elle parcourut les visages inconnus sans intérêt ; inconnus, vraiment ? La lady s'arrêta net en reconnaissant les traits renfrognés de l'altiste qu'elle avait rencontré la dernière fois à l'opéra. S'il y avait une personne à qui elle n'avait pas envie de parler, c'était bien Elswyn Zmeskall ! Malheureusement, alors qu'elle le dévisageait, il tourna la tête vers elle et leurs regards se croisèrent. Nalynda baissa aussitôt les yeux et se dépêcha de dépasser l'orchestre pour aller se poser dans un coin plus tranquille, espérant de tout coeur qu'il ne l'ait pas reconnu.

Une fois posée à l'écart, elle commença à se sentir de plus en plus nerveuse. Elle avait incroyablement chaud, et sa tête commençait à lui tourner. La situation dans laquelle elle se trouvait était franchement inquiétante, elle devait absolument se lier avec quelqu'un, rester là comme une imbécile était impensable. Mais comment engager la conversation sans être impolie ? Elle ne pouvait pas bousculer quelqu'un ou renverser un verre, elle passerait pour une idiote maladroite. Alors quoi ? Simuler un malaise ? Bonne idée tiens, quelqu'un viendrait bien à son secours, du moins elle espérait. Et puis elle était tellement angoissée qu'elle n'aurait pas à forcer beaucoup pour être crédible.

Nalynda s'approcha d'un mur d'une démarche maîtrisée mais chancelante. Sa respiration devint plus rapide, moins régulière. Elle porta une main à sa poitrine imposante, comme si elle cherchait à se retenir coûte que coûte, puis tituba légèrement, se rattrapant de justesse au mur sur lequel elle s'appuya. Le regard fixé vers le sol, elle se figea dans l'attitude de celle qui s'apprête à s'évanouir d'une seconde à l'autre. Parfait, maintenant pourvu que quelqu'un vienne l'aider, sinon elle allait tomber pour de bon dans les pommes. Avoir des vapeurs était un mal bien connu chez les femmes de la haute, et totalement acceptable, cela ne lui porterait absolument pas préjudice.
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Erique Claudin
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MessageSujet: Re: Un Bal Masqué à l'Opéra!   Ven 10 Avr - 17:51

Le Konzermeister prenait plaisir à vagabonder dans la foule... Bien tranquillement revêtu de noir, comme tout le monde à vrai dire, ou presque, et surtout comme les musiciens, personne ne prêtait attention à sa présence. Il était masqué d'un loup noir, comme à peu près tout le monde dans la salle, ce qui était du plus grand usuel, et son air général le rendait tellement transparent qu'il finissait par se fondre le plus parfaitement possible dans la foule. Il n'était pas particulièrement connu du public, et si les musiciens pouvaient quant à eux le reconnaître sans peine, ils étaient tous soit dans les loges, à se préparer, soit à accorder leurs instruments, soit à jouetter quelque petite musiquette pour se mettre en doigts avant le concert. Lui ne jouait pas ainsi avant le concert, ou du moins pas si tôt avant le début des festivités, car lui n'en avait pas le loisir : il était condamné à faire son entrée violon en main et à diriger de sa place de premier violon le petit orchestre de l'opéra...

Mais avant de diriger, de faire valser et danser la haute société, il s'offrait le plaisir de se noyer dans celle-ci et de siroter un verre de Sauternes en attendant que le monde arrive doucement mais sûrement dans la salle. Il vit arriver la jeune baronne d'Harcourt, d'une branche cadette de la famille ducale, accompagnée d'une demoiselle qui lui était inconnue jusqu'à présent. Il vit arriver certains de ses musiciens, ceux là par d'autres portes. Il vit aussi la famille de l'architecte Charles Garnier, dont l'un des fils était accompagné d'une jeune femme qui, elle aussi, lui était inconnue... Et enfin, il vit la jeune comtesse de Castaignac, qu'il eut autrefois pour élève. Elle qui avait été élue reine du bal. Un léger sourire effleura ses lèvres, guère moins transparent que le reste de sa personne. Oh non, Erique n'était pas invisible, aux yeux de personne, et il eut même le loisir d'échanger quelques paroles aimables avec les Garnier ou avec la Comtesse, mais... mais rien de plus. Lui même ne prêtait pas grand intérêt à la conversation, alors pourquoi s'ennuyer avec de telles futilités? Et il s'en était tout simplement retourné à sa contemplation muette de la foule dans laquelle il évoluait, silencieux, ombre parmi les ombres de ces grands messieurs comme de ces belles dames.

Néanmoins, quelque chose le poussa à ne pas rejoindre sa loge tout de suite, accorder son cher violon, et ensuite s'en retourner sur la scène, faire son entrée avec deux ou trois minutes d'avance, faire s'accorder les jeunes gens de l'orchestre, et vogue la galère! Non, il avait autre chose à faire aussi... quoi, il l'ignorait, mais pas rentrer dans sa loge. Ca lui déplaisait un peu trop. Avec un sourire plus accentué, il vit sa propre soeur cadette entrer au bras de son époux. Au moins deux qui s'amusent... Lui même ne savait pas trop quoi faire si ce n'est tourner en rond, tromper son ennui en pensant au concert et en admirant distraitement les tenues de ces dames, toutes plus extravagantes les unes que les autres, ce qui n'était pas vraiment vraiment du goût du Konzertmeister, habitué au style le plus sobre possible. Sa propre soeur n'était pas habillée avec une grande élégance, préférant la simplicité, à la seule exception d'un collier et d'une paire de pendants aux oreilles. Enfin bon, autrement dit, il ne savait que faire...

... Lorsque son regard fut attiré par celle d'une femme, qu'il n'avait au demeurant jamais vu (pour peu que sa mémoire s'en souvienne) auparavant dans les parages, se cramponner au mur d'un air malaisé. Immédiatement, ses pas le portèrent tel un héros chevaleresque vers la dame en haut de sa tour... enfin non, pas vraiment une tour, mais bon tant pis, c'était pour l'image, parce que lui n'avait absolument rien du beau et preux chevalier servant, étant plutôt du genre timide, introverti et que son courage avait des limites. Et surtout, vieux. Enfin bon, il avait été jeune lui aussi, comme tout un chacun, mais ce temps là était révolu depuis belle lurette. Enfin, quoi qu'il en soit, il était visiblement le seul à se soucier de la demoiselle, qui avait bien entendu choisi un endroit discrèt pour s'évanouir, et se pencha vers elle.

Ca va, mademoiselle?... Voulez-vous que j'appelle un médecin? La comtesse Elisabeth...
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MessageSujet: Re: Un Bal Masqué à l'Opéra!   Dim 12 Avr - 6:16

Nalynda commençait à désespérer un chouia. Personne l'avait l'air de l'avoir remarquée, ou alors personne ne faisait l'effort de venir l'aider. Diantre, plus cela allait, moins elle supportait la société parisienne. Elle n'allait quand même pas s'évanouir pour de bon, ça serait se donner inutilement en spectacle, et encore moins se redresser et partir comme si de rien n'était... Cela serait le summum du ridicule ! Alors, quelqu'un ?

Ah, oui ! Finalement ! Un gentleman d'un certain âge se dirigeait vers elle d'un pas assuré. Un peu vieux quand même. Mais bon, c'était bien aussi, l'expérience tout ça. Enfin bref, un type venait l'aider, et elle n'allait pas cracher dans la soupe.

Il se pencha sur elle et lui proposa d'appeler un médecin. Certainement pas ! Zappant le nom de la comtesse au passage, elle se redressa lentement et lui adressa un petit sourire contrit.


-Non, tout va bien, je vous assure, un simple malaise... Il fait un peu chaud ici.

Elle s'appuya négligemment sur le mur derrière elle et reprit lentement son souffle. Elle n'avait pas trop à se forcer pour simuler, ceci dit. Elle attendit quelques secondes d'avoir retrouver une complète maîtrise d'elle-même, puis dévisagea l'homme qui venait de l'aider. Difficile de voir clairement son visage à cause du masque, mais il avait l'air d'être d'une banalité rassurante. Le genre de personne qui passe complètement inaperçue, peu importe l'endroit où elle va. Cette impression était renforcée par le costume noir, parfaitement coupé pour limiter son embonpoint, mais d'un classique affligeant. Bref, le citoyen lambda typique. Nalynda n'était même pas capable d'avoir un a priori sur lui, tellement il irradiait de neutralité. C'en était presque dérangeant.

Elle reprit une position normale, lissa ses jupes et chassa une grosse boucle platine qui en avait profité pour squatter son front. Puis elle s'inclina légèrement, un sourire aux lèvres, l'air un peu gêné.


-Toutes mes excuses, je vais un peu mieux, merci.

Maintenant qu'elle avait mis le grappin dessus, même si c'était monsieur tout le monde, elle n'allait pas le lâcher de sitôt.

-Je suis Lady Nalynda Standhope, enchantée.

Elle lui laissait l'occasion de se présenter, espérant qu'il n'allait pas filer à l'anglaise – enfin, façon de parler. Ensuite il lui faudrait lancer un sujet de conversation bateau, et le tour serait joué. Perfect.
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Anne-Helena de Milhade
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MessageSujet: Re: Un Bal Masqué à l'Opéra!   Mar 14 Avr - 16:49

Anne perdait son temps au bar. Vint un temps où elle se décida à s’accoter sur celui-ci et admirer la foulée. Tiens donc…Sa si chère cousine était là et semblait ne pas se sentir dans toutes ses aises. La baronne se sentit un peu coupable de l’avoir abandonné si rapidement. Après tout, cette jeune femme ne connaissait absolument personne dans le fameux monde parisien dans lequel elle, elle était née. Elle bu donc sont verre d’un trait avant de s’avancer vers la dame qu’était sa parente. Mais, elle se fit rapidement doubler par un homme. Un homme de certain âge qui, malgré cela, avait l’air d’un gentleman. À les regarder, la jeune d’Harcourt se mit à sourire. Au moins, sa cousine ne serait plus seule…De toute façon, elle avait déjà l’air de se sentir beaucoup mieux...n’est-ce pas?

Cependant, si sa cousine avait trouvé bonne compagnie elle, elle commençait à trouver le temps long…Mises à part quelques salutations mondaines, elle n’avait rencontré personne qui pouvait ne serait-ce que penser l’intéresser. Elle ne pensait pas que personne était assez bien pour elle, loin de là, cependant, en ce moment, elle n’avait que son cher Anthony dans la tête…Ô pauvre jeune femme qu’elle était. Conquise par un homme qui ne pourrait que lui apporter malheur et inconfort.

Parlant de ce jeune voyou? Que faisait-il? Avait-il quitté la demeure des d’Harcourt comme elle le lui avait demandé?...Malheureusement, non. Le jeune homme était resté…Comme un voleur, il s’était introduit dans la chambre des maîtres et avait fouillé. Ce n’était pas qu’il voulait voler ou quoi que ce soit de ce genre seulement, il ne pouvait se résigner à laisser partir sa flamme comme ça. Une idée lui avait traversée l’esprit : pourquoi ne pas aller la rejoindre, sa si chère dame? Après tout, il n’aurait qu’à enfiler un chic costume du père d’Harcourt et le tout passerait comme dans du beurre…du moins, c’était ce qu’il pensait…

Alors qu’il rôdait autour de l’opéra, il se fit accoter par un homme. Une voix que, bien malgré lui, il connaissait bien. Ce dernier l’avait arrêté dans sa recherche d’une entrée. Des dettes, encore…Ce cher Anthony était criblé de dettes. Il était un joueur qui n’avait pas de limite. Jamais il ne voulait s’arrêter et, avec l’alcool, c’était encore pire…

« Ne doutez pas de moi, vous aurez ce que vous voulez… »Eut-il comme seule réponse…Que vouliez-vous qu’il dise? Après tout, c’était lui la proie, cette fois…Et voilà que l’homme en rouge se décida à partir…Une autre éclair de génie vint frapper le truand : Pourquoi ne pas entrer à ses côtés? Comme cela, il pourrait passer un peu plus inaperçu et rejoindre sa bien-aimée plus rapidement, histoire d’en tirer plus de plaisir. Après tout, cette soirée était folle pour tout le monde…

Le sombre inconnu ne dit pas un mot. Il sembla accepter que le joueur le suive. Mais, Anthony n’avait encore rien vu…Alors que les deux hommes faisaient leur entrée, l’homme en rouge le présenta comme un anglais avant de se défiler. Le salaud! Anthony devenait maintenant William Parr, un architecte. Le pauvre homme ne savait rien en architecture ni même un mot d’anglais! Comment allait-il se débrouiller? Il suffisait que personne ne lui adresse la parole…Dans le cas contraire, il pourrait prendre un accent anglais chose qui, pour lui, n’était pas des plus facile.

Pendant tout ce grabuge, Anne était restée au bar. Elle devait avoir l’air d’une adepte des boissons forte, cette chère jeune femme! Mais bon, en quoi cela pouvait bien la déranger. Personne en ces lieux n’allait la reconnaître comme cela. N’était-ce pas là le grand avantage d’un bal masqué. Donc le début de la soirée se déroula d’une façon un peu linéaire jusqu’à temps que deux personnages firent leur irruption dans la grande enceinte. Tout d’abord, Anne remarqua un homme. Un beau grand ténébreux vêtu de noir et de rouge pour qui elle ne donnerait pas sa place pour séduire. C’était le Baron de Suffolk. Tiens donc, elle n’avait jamais rencontré cet homme. Peut-être que la soirée allait tourner en sa faveur…L’espace d’un moment, elle avait oublié son cher amant mais, la réalité lui avait rapidement rappelé puisque, derrière l’homme qu’elle reluquait, se trouvait un autre homme…un homme dont, même si elle ne voulait se l’admettre, elle se doutait de l’identité. William Parr, architecte…Elle en doutait? Lorsque celui-ci fit un mouvement, il n’y eut plus de doute. Entre mille, Anne-Helena pouvait le reconnaître. Cette mâchoire carrée, ces larges épaules, ce regard méchant, cette démarche fringante et ces manières rustres le trahissait. L’espace d’un moment, la baronne devint toute fébrile. Quelle ne fut pas son excitation de voir l’homme à qui elle ne cessait de penser devant elle. Cependant, cette montée d’adrénaline redescendit aussi vite…Elle devait le rejoindre et le camoufler…De plus, il avait mis les habits d’Harcourt! Ô dieu, quelle misère!

Elle marcha rapidement à travers la foule. Tout ce qu’elle espérait, c’était que personne ne l’intercepte. Elle passa près de l’homme en rouge qu’elle avait remarqué plus tard sans négliger de lui accorder un regard. Après tout, joueuse qu’elle était n’allait certainement pas passé à côté d’un bel homme sans le regarder! Qui pouvait-il ben être? Et surtout, comment se faisait-il qu’Anthony était rentré avec lui? Toutes ces questions seront posées plus tard.

Elle arriva rapidement au bras de son amant. Elle voulut le réprimander, lui dire que ce qu’il faisait était mal mais, lorsque leurs regards se croisèrent, elle se tut. Son cœur chavira. Sans mot dire, ils s’embrassèrent comme de gourmands tourtereaux sans même ne serait-ce que penser aux gens qui les entouraient. Réalisant qu’elle jouait un jeu dangereux, Anne et Anthony quittèrent un peu la foulée, histoire de discuter en sécurité et à l’abris des yeux et des oreilles des autres…D’ailleurs, si quelqu’un remarquait les habits d’Harcourt? Qu’allait-elle pouvoir faire? Peut-être dire que c’était son cousin anglais? Un cousin par alliance? Mais voyons! Vous en connaissez beaucoup des demoiselles qui embrassent leur cousin! Elle devait trouver une solution! Ils allèrent donc dans une salle adjacente à la salle de bal.


- Anthony, que fais-tu là? C’est très risqué!

Dit-elle en état de panique! « Disons que j’avais envie de te voir, envie de toi! » Dit-il de son arrogance habituelle. Anne-Helena ne répondit que par un long soupire avant d’arranger l’allure de son compagnon. Parfois, elle se sentait comme sa mère. Elle devait toujours s’assurer qu’il fasse de bêtise… Elle commença par tenter de changer l’habit pour qu’il ressemble un peu moins à celui de son père. Elle enleva le ruban coloré aux couleurs des d’Harcourt et enleva le petit blason brodé sur la poche avant du mieux qu’elle put. Fort heureusement, ils n’avaient pas l’air d’un couple…Lui, portait un masque verts émeraude et blanc alors qu’elle, elle portait le rouge et le doré.

Ils étaient maintenant seuls et inconnus de tous…Du moins, pour ce qui est d’Anthony, ou plutôt William…Pour ce soir, Anne-Helena serait avec William Parr, un architecte anglais…! Quelle belle affaire! Pauvre Anne, toujours dans le pétrin. Au moins, personne ne les avait remarqué! Ils allaient rester à l’écart jusqu’à ce que la soirée soit un peu plus arrosée et donc, plus sécuritaire.

« Pourquoi ne pas en profiter? » se disait Anthony. Alors, ce ne fut pas long qu’ils se retrouvèrent collés l’un contre l’autre. Fort heureusement, ils étaient seuls. Cela allait-il durer?
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Erique Claudin
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MessageSujet: Re: Un Bal Masqué à l'Opéra!   Sam 25 Avr - 18:34

Le fait que la jeune femme reprenne un peu plus d'assurance ne pouvait que le rassurer quelque peu sur son état. Oh, il ne fallait pas croire qu'Erique prêtait une attention toute particulière à cette jeune femme terriblement... commune, toute en rondeurs et d'une beauté discutable, mais surtout de trente ans plus jeune que lui, non, ce n'était pas son genre... Il s'était juste acquitté de son devoir de gentilhomme, en allant s'enquérir des soucis de cette jeune femme, et c'était là tout ce qu'il avait fait. Tout ce qu'il comptait faire, excepté appeler un médecin si la demoiselle avait la mauvaise idée de s'évanouir ou de piquer un autre fard peu rassurant. Et en l'occurence, s'éviter la corvée d'avoir à arrêter le bal, et d'avoir à déranger la comtesse en pleine soirée ne lui était qu'un soulagement notoire. Erique n'avait pas envie de voir cette délicieuse soirée se transformer en une catastrophe... Quoique, un seul malade et d'un simple manque d'air, ce n'était, ma foi, pas bien grave !

La femme s'appuya négligemment à l'un des murs du foyer des artistes, et lui présenta ses excuses. Il prit le temps de la détailler négligemment, comme elle l'avait fait pour lui lorsqu'il était arrivé, et en décréta qu'elle n'était, somme toute, qu'une dame comme une autre : grasse au niveau des hanches, avec une poitrine généreuse, un visage doux, une chevelure d'un blond pâle, et des yeux bleus. Jeune, certes. Avec un certain accent anglais, presque indescriptible, mais tout de même présent si on l'écoutait avec attention. Une Anglaise donc, c'était possible après tout... Ce n'était pas comme si l'on manquait d'anglais dans le coin, mine de rien. Avec une voix ordinaire, mezzo-soprano, chantante, délicate... une bonne voix, en somme. Peut-être avait-elle pris des cours de chant. Au reste, rien de réellement notable. Une révérence gracieuse, des atours qui lui donnaient l'air d'une dame d'une certaine fortune, si pas d'un certain rang : la bourgeoisie et la noblesse se mêlaient si facilement actuellement ! Au reste, la présentation qu'elle venait de faire confirmait bien ses soupçons : elle était en effet anglaise, du moins à en entendre son nom : Nalynda Standhope. Prénom rare, nom tout aussi peu commun ici à Paris...

Pauvre enfant, si elle croyait qu'il était quelque noble de basse naissance, baron ou peut-être simplement chevalier, il fallait craindre une certaine déception ! Il n'était qu'un simple Konzertmeister ! Certes, le Maître de Concert (traduction littérale de Konzertmeister) de l'Opéra Garnier, professeur de violon et d'alto au Conservatoire, auteur de quelques compositions de reconnaissance moyenne, mais un simple citadin de Paris par la même occasion, sans noblesse, sans fortune et sans rang. Si elle espérait un homme de quelconque valeur... c'était plus que terriblement raté. Néanmoins, le Konzertmeister ne pouvait ne pas tirer quelque fierté de sa situation. En conséquence, Claudin lui fit à son tour révérence et baisemain, comme le voulait l'usage, avant de se présenter à son tour.

Erique Léopold Claudin, Maître de Concert de l'Opéra de Paris. Pour vous servir, ma dame...

[note : désolée pour la longueur Embarassed]
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Raoul de Chagny

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MessageSujet: Re: Un Bal Masqué à l'Opéra!   Mar 19 Mai - 16:31

Le grand, le beau jour était là ! Jeune mécène à peine promu, mais pourtant déjà si important (à ses yeux du moins) à l'Opéra, Raoul avait décidé de ce mettre ce soir sur son trente-et-un. Fi de tous ces rustres vêtus de simples costumes, lui porterait le domino de la commedia de'll arte, rien de moins ! En version améliorée, bien entendu, il n'était pas l'un de ces petits saltimbanques, italiens qui plus est, qui dansent sur les tréteaux en interprétants leurs spectacles stupides ! Non, il était le vicomte Raoul Delarouet de Chagny, ce qui en soi était bien loin d'être rien ! Et, du fait qu'il était titré tout comme du fait qu'il était mécène, il avait tout intérêt à se montrer digne de la plus grande classe à l'occasion de ce bal, sans pourtant exagérer toutefois, ni dans un sens, ni dans l'autre. Il avait donc choisi le domino beige, car le beige et le blanc lui allaient mieux que le noir, tout simplement ; et avait été faire confectionner celui-ci chez une bonne tailleuse de Paris. Et le résultat était, il fallait bien reconnaître ça du moins, parfaitement à la hauteur de ses espérances, pour ne pas dire qu'il le satisfaisait amplement.

Blanc, donc, comme il l'avait choisi, le costume pouvait difficilement l'être plus que cela : taillé en grande partie dans du satin blanc ou du brocart beige, il se composait d'un haut-de-chausses de brocart beige à la mode du siècle dernier, à la cour du roi Louis XVI ; d'une chemise de coton d'un blanc éclatant recouvert d'une veste du même brocart ; d'une cape de brocart, de bas de soie blancs et de chaussures à l'ancienne de couleur marron, car le noir eût trop juré avec le reste. Au reste, il avait aussi une paire de gants de cuir clair, un chapeau à plumes, sans oublier l'inévitable loup de velours beige brodé de blanc et de doré. Vénitien, lui ? Allons donc ! Juste un tout petit peu... et encore. C'était si élégant, d'être ainsi ! Après avoir passé un bon moment à s'admirer dans le miroir, à avoir bien vérifié que sous tout son brocart et toute sa dentelle, il était impeccable ; alors seulement Raoul de Chagny s'estima assez digne pour pénétrer dans l'enceinte du théâtre qu'il régissait depuis peu avec l'aide de sa charmante cousine, ainsi que celle des directeurs nommés pour cette tâche, bien évidemment ! Ce soir, le vicomte de Chagny avait bien l'intention d'éblouir ! De charmer, de séduire, de danser, de faire la fête en toute élégance et en tout raffinement ! Et de retrouver Christine Daaé. Pourvu qu'elle soit là...

A peine la portière de sa voiture lui fut-elle ouverte par son laquais qu'il sauta à bas du moyen de transport, et à peine le vit-on passer qu'il se hâtait déjà sur les marches de marbre, pénétrait dans le majestueux bâtiment et se glissait le long des couloirs, retrouvant après quelques minutes de marche effrénée le Foyer des Artistes dans lequel avait lieu la réception. Et quelle réception, par tous les saints ! S'il n'avait eu ce masque qui masquait si bien (car telle était sa fonction, n'est-ce pas ?) ses traits... en fait, qui ne masquait que ses yeux, mais c'était largement suffisant, il aurait eu l'air presque... surpris. Mais non, ç'aurait été bien inconvenant ! Et l'inconvenance, en ce soir où pour une rare fois dans sa vie il affichait, à l'instar de son frère aîné Philippe, son air noble le plus altier, ce n'était pas la chose qu'il désirait le plus, ma foi... Alors, le vicomte cacha bien rapidement sous ce masque de nonchalant intérêt léger pour ce qui se passe autour de lui son hypothétique stupéfaction, et avança de son pas léger dans la foule. Certains le saluaient d'une légère révérence à laquelle il répondait toujours, d'autres point. Il n'en avait cure : peut-être ne le reconnaissait-on tout simplement pas ?

Il porta un regard circulaire sur l'assistance, cherchant à repérer les principales personnes qu'il connaissait. Assise dans un coin, sa comtesse de cousine discutait avec une personne qui lui était connue, puisqu'il s'agissait de Charles Garnier, architecte de l'Opéra qui porte son nom. Plus loin dans l'assemblée, les directeurs, aux costumes aussi ridicules que possible, amusaient leurs femmes. La grande chanteuse Carlotta Giudicelli s'amusait à taquiner un jeune homme dont le loup noir cachait mal la rougeur des joues ; et le mari de ladite chanteuse la regardait d'un air torve. Le Konzertmeister Claudin faisait, ah coutumière galanterie !, la révérence à une jeune femme épaisse qu'il ne connaissait point. Et Christine... n'était de toute évidence pas présente. Ou pas encore. Un autre costume attira son attention, porté par un homme qu'il ne connaissait pas mais dont le faste semblait presque faire concurrence au sien. Presque.

Il cessa alors d'observer la foule tout en ne bougeant pas, et partit à la recherche de sa belle.
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Robyn Dowsett
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MessageSujet: Re: Un Bal Masqué à l'Opéra!   Mer 3 Juin - 9:26

    Let me be your light...

    - Je vous ai déjà dis que je ne désirais pas m'y rendre !

    Maria serra fermement un des lacets du corset de son élève. Celle-ci suffoqua un court instant.

    - Mademoiselle Dowsett, je ne vous est pas aidée à rentrer dans le célèbre Opéra Garnier pour ne pas vous montrer digne de lui ! Tu sais bien qu'en tant que chanteuse, même de second rôle, te rendre à ces festivités est un privilège et une grande chance...tu te dois d'être présente à ce bal masqué.

    Robyn soupira comme elle pu, à cause de ce maudit corset, et aquiesca. Son professeur l'entraîna vers une coiffeuse et lui ordonna de s'assoir.

    - Laisse moi te rendre parfaite...

    Elle commenca à appliquer du fard sur ses joues, sans grande délicatesse.

    - Vous me ferriez presque mal, Madame...

    -Tais toi donc un peu et cesse tes plaintes.

    La jeune femme poussa de nouveau un léger soupir, assez discret pour qu'il échappe à l'attention de Maria...puis ferma les yeux et attendit qu'elle en eut terminé.
    Lorsqu'elle lui ordonna de les ouvrir, Robyn s'exécuta aussitôt. Elle ne pouvait le nier, elle était recouverte d'un maquillage parfait. Léger, sans discontinuité, il s'accordait parfaitement avec le teint de mademoiselle.

    - Merci, Maria.

    Sa tutrice l'invita à la rejoindre près de la calèche d'ici quelques minutes, le temps que Robyn apporte les touches finale. Avant de quitter la pièce, elle déposa à l'intention de la jeune femme un paquet bien emballé, et plutôt gros. Dès qu'elle quitta l'endroit, Robyn se leva gracieusement et avança vers l'étrange emballage. De ses fines mains, elle l'ouvrit avec délicatesse. Le papier tomba au sol, et laissa apparaître un magnifique masque orné de velours noir et de fils brodés. Robyn resta là, un instant, à observer en détail ce magnifique présent. Il recouvrait uniquement les yeux et le nez. S'approchant de nouveau vers le miroir, elle renonca à son diadème de perles pour s'orner du magnifique apparat. Ajustant ses mille et une boucles sur ses épaules, elle enfila une grande cape noire, dont elle releva la capuche, et sortie de la chambre, t'elle une princesse.

    ----- ----- -----

    Assise près de son professeur, Robyn se laissait bercer par le bruit des sabots sur les pavés des rues. Maria était elle aussi habillée pour l'occasion, mais de manière moins resplendissante. Comme à son habitude, elle veillait à promouvoir son élève, et non à se promouvoir elle. Malgré une très belle robe, elle n'avait pas pris la peine de porter de masque. Robyn laissa ses yeux courrir par la fenêtre. Les personnes masquées arpentant les rues lui permirent de comprendre qu'ils étaient presque arrivés. Une légère musique parvint jusqu'aux oreilles de la belle. Une musique festive, impériale et imposante...une musique à la hauteur de l'Opéra Garnier. Les gens se hâtaient, riaient, chantaient...toute cette harmonie, celle des artistes et de leurs maîtres, des mécènes et des nobles, plaisait fortement à Robyn. Le laquais ouvrit soudain la portière, ce qui eut le don de surprendre la jeune femme. Plongée dans la contemplations des lieux, elle en avait presque oublié qu'elle aussi devait prendre part à la fête. Il lui tendit sa main et l'aida à descendre. Maria sortit par l'autre portière, quelques secondes plus tard. Elle laissa glisser une de ses mains dans le dos de son élève.

    - Nous y sommes.

    Un sourire se dessina sur les lèvres rouges apparentes de Robyn. Toutes deux s'avancèrent et montèrent les majestueuses marches menant vers l'entrée. Robyn en profita pour abaisser sa capuche et laisser ses cheveux tomber en cascade sur ses épaules. Elles se dirigèrent ensemble vers le foyer des artistes, là où tout se passait...

    L'endroit était splendide, orné de toutes parts. Robyn sentit en elle un sentiment de bonheur extrême. Finalement, elle avait bien fait de venir. Rien que pour cette magnifique vision. Sur leur passage, plusieurs personnes leur accordèrent des révérences distinguées. Maria, sans masque, devait leur faire conclure que la jeune femme à ses côtés n'était autre que son élève, Robyn Dowsett, cette chanteuse de second rôle en pleine ascension. Des jeunes hommes très courtois venaient leur offrir un baisemain tandis que des femmes venaient converser avec Maria, à propos de Robyn. La jeune femme elle, se contentait d'observer, et de dévorer des yeux les costumes, les masques, les bijoux, les décors...Elle avait encore du mal à réaliser qu'elle foulait le sol de l'Opéra de Paris en ce jour festif, entourée d'artistes célèbres et de nobles éperduement riches.

    Les danseuses donnaient l'impression de voler à travers la pièce, sous le regard admiratif de la jeune femme cachée derrière son masque. C'était excitant et drôlement étrange d'ignorer à qui vous aviez à faire à chaque fois que l'on vous parlait. Maria fit les gros yeux à Robyn comme pour lui ordonner d'aller danser ou de ne pas se laisser impressioner par toute cette magie. Hélas, aller tournoyer seule au milieu de couples bien formés n'était pas une pratique qu'elle désirait essayer...Elle continua son avancée avec son professeur à travers l'immense salle. Maria s'empressa de demander à se qu'on retire leurs capes quelques instants plus tard. La tenue entière de Robyn fut enfin apparente. Outre son magnifique corset bordeau venant épouser ses courbes, elle portait un magnifique bas, jupon de tissus et de dentelles, traînant sur le sol, de couleur blanc cassé.

    Finalement, ces quelques heures de préparations avait surement été nécessaire...


Dernière édition par Robyn Dowsett le Sam 15 Aoû - 13:37, édité 2 fois
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Nalynda Standhope

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MessageSujet: Re: Un Bal Masqué à l'Opéra!   Sam 6 Juin - 10:09

L'homme paraissait quelque peu soulagé que son "malaise" s'arrange, mais d'une façon assez discrète, comme s'il ravalait ce sentiment. Nalynda en déduisit donc naturellement qu'il s'inquiétait moins de sa santé que des inconvénients que lui procurerait d'avoir une évanouie sur les bras, ce qui risquait de lui gâcher temporairement sa soirée. Réaction discutable, mais humaine après tout. Elle ne pouvait pas attendre de lui qu'il se préoccupe d'une inconnue, surtout qu'elle s'en fichait complètement, ayant simulé. Mais enfin, tomber sur un être purement altruiste de temps en temps n'aurait pas fait de mal à ce qui restait de sa foi en l'humanité. Elle se faisait des illusions, apparemment.

Elle le laissa la détailler, nullement offusquée de cette inspection. Tout le monde faisait cela, dans la haute société. Tout reposait sur l'apparence, en fin de compte. Pourquoi se parer de beaux vêtements, de tissus précieux, de bijoux hors de prix, si ce n'était pas justement pour qu'on les regarde et admire ainsi par la même occasion leur propriétaire ? Les femmes jugeaient leurs semblables sur leur moyen et leur goût par ce biais, et les hommes se rinçaient l'oeil. Il n'y avait rien d'étonnant à cela.
En tout cas, elle espérait qu'il appréciait ce qu'il voyait. S'il ne la trouvait pas belle et désirable maintenant, alors qu'elle était parée de ses plus beaux atouts, il n'y avait plus aucun espoir. Sa robe avait été choisie pour mettre parfaitement en valeur son corps replet, un peu plus d'ailleurs que la mode ne l'exigeait, réhaussant sa taille resserrée et ses hanches opulentes. Son visage était bien entendu en parti masqué, mais c'était plus judicieux qu'handicapant, puisque cela mettait l'accent sur les deux éléments les plus remarquables de sa physionomie trop lisse, à savoir ses yeux et ses lèvres au dessin agréable. Si cela le laissait de marbre, elle ne pouvait plus rien pour lui. Non pas qu'elle cherchait à lui plaire. Enfin si, mais ce n'était pas spécifique à lui. Même aux femmes, elle espérait faire bonne impression, même si c'était dans un autre domaine, évidemment. Le fait qu'il soit d'un âge assez mûr ne constituait pas une barrière en soi. Beaucoup d'hommes de sa décennie continuait d'apprécier les jolies jeunes femmes, surtout ceux qui étaient déjà prisonniers depuis trop longtemps d'un mariage ennuyeux et sans surprise. Elle agissait donc avec lui comme elle l'aurait fait avec n'importe quel autre homme.

Il était difficile pour elle de déterminer quel était son statut social ; forcément, s'il était ici c'est qu'il ne devait pas être du bas peuple, du moins dans son avis, il n'était vêtu comme tel, non plus. Il devait bien avoir une quelconque fortune ou quelconque prestige, se demanda-t-elle avec espoir. Peut-être pas noble, mais bon, enfin, elle s'en contenterait quand même.

Il se présenta avec force élégance, et elle lui sourit en retour. Maître du Concert ? Mais voilà un statut intéressant ! Ce n'était pas n'importe qui, en fait. Nalynda était satisfaite, pour une première prise, elle était plutôt pas mal. Maintenant qu'elle tenait ce pauvre Claudin, elle n'allait pas le lâcher de sitôt.


-Maître du Concert ? Mais c'est tout à fait extraordinaire ! fit-elle avec admiration.

Son français restait peu naturel, et ses adjectifs étaient parfois un peu décalés pour un français pur souche. Elle lui adressa son sourire le plus charmant, et prit un air de conspiratrice tout en baissant la voix, comme si elle lui confiait un secret inestimable.


-Quelle chance de vous avoir rencontré ! Savez-vous que nous allons probablement être collègues ? Je viens d'être très récemment engagée comme choriste. Nous sommes tous les deux dans le même milieu, pour ainsi dire.

Ce n'était pas tout à fait vrai, car lui s'occupait des instruments donc n'évoluait pas sur la scène comme les chanteurs. Mais Nalynda n'était pas à un amalgame près. Alors qu'elle attendait sa réponse, elle remarqua un beau jeune homme qui venait de faire son entrée, et elle le détailla une seconde, avec intérêt. Mais elle revint immédiatement à Claudin, refusant de le laisser pour l'instant. Le flirt viendrait après.
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Maximilien Élvedance
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MessageSujet: Re: Un Bal Masqué à l'Opéra!   Mar 9 Juin - 21:19

Ah qu’il aimait la neige ! Ah qu’il adorait Paris. La douce Paris. Avec son drap de neige la recouvrant tel une couverture qui protège des dangers imminents. Maximilien sortit en courrant de chez lui, les doux flocons se posant délicatement sur ses habits, dans ses cheveux, laissant leur marque mouillée. Un contact si délicieux, frisquet et oh combien désiré. Son regard brun, ô banale inquiétude, parcoururent rapidement du regard la rue sur laquelle se trouvait sa demeure. Sourire rieur, regard joyeux. Il arrêta un équipage et y grimpa en vitesse. Le cocher l’interrogea du regard et Maximilien ne put s’empêcher de rire.

<< À l’Opéra ! Je ne connais d’endroit meilleur, fouette les chevaux, cocher ! >>

Des hennissement stridents et il eut à peine le temps de fermer la portière de la calèche. Un peu de neige lui vola au visage, mais ça ne le dérangeait plus et l’homme dirigea le froid vers sa chevelure peu à peu mouillée. Il eut enfin le temps de se calmer. Un bal ! Un bal masqué. Quoi de mieux. Il adorait tourner en valsant, diriger une jolie demoiselle et entendre ses rires innocents. C’était quelques brefs moments de bonheur qu’il n’aurait jamais échangé pour rien au monde. Certes, il était musicien et se devait bien de jouer cette ô combien douce mélodie, caressant les oreilles de plusieurs, mais il y avait aussi des moments de répits où il pouvait s’échapper et enfiler son masqué argenté. Il prenait alors l’allure d’une ombre, se glissant d’un endroit à un autre. Remarqué de tous, connu d’aucun. Ses mains passaient d’une taille fine à une autre, parfois des lèvres brûlantes se collaient aux siennes alors que le rythme de cette musique ensorcelante l’entraînait, et il entraînait avec soi, loin des autres couples virevoltants. Alors les lumières disparaissent. Un épais brouillard autour d’eux, Maximilien ne remarquait qu’elle, cette demoiselle à qui il ne prenait guère la peine de connaître le prénom, et elle lui. Il avait le privilège d’humer sa chevelure brillante, frôler son cou frêle, goûter ses lèvres brûlantes. Et puis une seconde valse commençait. Il attrapait la main de la nymphe et la tirait vers la piste de danse et là au milieu de tous, il changeait de partenaire en valsant, tournant, changeant de place. Et finalement c’était à son tour de faire jouer ses doigts et il s’éclipsait. Doucement, ironiquement. À l’anglaise. Son masque se posait sur son perchoir et Maximilien redevenait le second violon sans sourire. L’homme quelque peu banal et passionné, ne sachant faire attention qu’à sa musique et ses notes. Il avait alors la chance de se perdre, diriger quelques jeunes musiciens, et surtout voir double. N’ayant aucune idée comment se détacher de son violon. Ses doigts courraient vertueusement, sa main habile également. Ses yeux se fermaient de temps à autre et il se retenait pour ne pas sourire. Pour ne pas esquisser la noble et sainte passion de son âme sur son visage pêcheur.

Et puis le tout recommençait lorsque le konzermeister laissait échapper furtivement la note finale. Il s’éclipsait et adoptait sa nouvelle nature. Celle qui prenait vie dans un élan de passion, mais cette fois-ci non pas pour la musique, mais pour l’idéal que le bon dieu créa pour l’homme. Un bref arrêt. Une propulsion vers l’avant. Maximilien eut à peine le temps de se retenir pour ne pas atterrir tête première contre le bois. Il éclata de rire et sortit rapidement de la calèche. Son foulard rouge tomba à ses pieds et il ramassa rapidement le bout de tissu déjà froid pour l’enrouler contre son cou et sentir les flocons d’un blanc immaculés se réchauffer et parcourir sa chaire sous forme de douce pluie. Une pièce vola en l’air et le cocher la rattrapa avec aisance.

<< Va mon doux ami, et transmet mon chaud merci à tes fougueux destriers ! >>

Il blaguait. Qu’est-ce qu’il se sentait bien ! Il n’était pas une ombre, pas tout de suite, pas encore. Ainsi il y avait deux lui : l’ombre et l’homme. Il était encore l’homme. L’homme gravit en courrant les marches vers l’Opéra et une fois dans le bâtiment s’arrêta nettement. Il inspira l’air à pleins poumons et éclata de rire. Opéra. Opéra. Opéra. Quel mot magnifique ! Contenant en soi noblesse, passion et la simplicité d’être, malgré les mystères que ce dernier cachait dans ses antres. Un couloir, un deuxième, il devait faire vite. Maximilien accéléra. Ah voila ! Il poussa vivement la porte de sa loge et une fois rentré la referma brusquement, se collant de dos à cette dernière. Son manteau noir glissa, son foulard rouge tomba. Il exécuta une rapide révérence pour soi-même, simplement pour soi-même. Le doux violon, son doux violon, glissa entre ses mains, sa joue effleura le bois qui était devenu de la peau à son égard. La peau d’une douce compagne qu’il ne savait que cajoler. Il fit glisser le archet le long des cordes qui semblaient répondre à ses salutations par des soupirs et des rires parfois coquins ou enjôleurs. Voilà, son rendez-vous galant avec son amour de toujours prit fin. Maximilien déposa avec toute la délicatesses de ce monde l’instrument précieux dans son étui et le verrouilla dans une armoire. Il y tenait plus qu’à ses yeux. C’était un cadeau de son père, ce violon ainsi qu’un ancien ami. Et puis il prit l’aspect d’une ombre. Sa main attrapa le masque argenté sur le perchoir et le fit glisser entre ses longs et fins doigts. L’ombre l’accrocha à son visage pâlot soudainement devenu mystérieux et se glissa hors de la loge. Le konzermeister était dans la salle aux pris avec une femme. Oh, mais monsieur daignait se trouver compagne. Il y avait une petite musique d’ambiance, mais ce n’était rien à comparer quand il allait embarquer. À vrai dire, il se plaçait un peu haut sur tous les échelons. Et puis quelque chose vint obstruer sa vue. C’était comme des éclipses, mais dans le sens contraire. Renvoyant leur propre lumière pour aveugler les autres. C’était un signe qu’on ne pouvait ne pas reconnaître, des nymphes. L’une plus magnifique que l’autre. Mais voilà que l’une d’entres elles semblait un peu solitaire. Douce jeune femme à la chevelure chocolatée. Oh, elle était belle. Élvedance se glissa doucement, rapidement, mais toujours gracieusement vers cette dernière. Sa main froide se tendit devant elle. Il sentait les feux éclater, tout commençait. Un sourire fin se dessina sur ses lèvres.

<< Oh mademoiselle, je ne puis attendre davantage, je crains devenir aveugle et vous en êtes la cause. La faute est votre, réparez là donc. Mademoiselle, m’accorderiez-vous cette simple danse ? >>

Une tête bien haute, un dos déplié, une robe qui valait la peine d’être achetée. Il comprit que ce n’était pas n’importe qui. Mais un instant et si c’était elle la reine du bal ? Mademoiselle Castaignac. Il poussait l’audace à des limites, son audace.
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Erique Claudin
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MessageSujet: Re: Un Bal Masqué à l'Opéra!   Mar 25 Aoû - 16:43

Le Konzertmeister se sentait véritablement soulagé du fait que le malaise de la personne qu’il avait face à lui se dissipe rapidement, sans laisser la moindre séquelle. Il aurait été navré qu’il lui advienne quoi que ce soit, non seulement en raison du jour que nous étions, jour de bal et de réjouissances dans lequel les inquiétudes avaient à être oubliées au profit de bien des sentiments plus réjouissants, mais aussi parce qu’il aurait été navré qu’une aussi belle jeune personne se trouve mal, spécialement devant lui. Il était totalement incompétent au niveau médical, et la seule chose qu’il aurait pu faire aurait été de sortir la comtesse de Castaignac de sa quiétude et du bal dont elle était reine pour la faire retomber dans ses préoccupations de tous les jours, à savoir la médecine. Il ne pensait pas que la comtesse n’aimait pas son métier, loin de là même car sinon elle serait rentrée dans ses préoccupations ordinaires de mécène et de gérante de ses domaines, des domaines qu’elle avait hérité de sa famille et de son mari. Oh, vraiment, elle était loin de détester son métier, mais aurait-il été heureux de gâcher la soirée de toute l’assistance par un simple malaise. Chose commune entre toutes, répliqueraient avec raison ceux qui soutenaient un peu plus la jeune femme, mais chose tellement désagréable ! Qu’elle soit en pleine forme et à nouveau souriante ne pouvait donc que rasséréner le musicien.

Son regard avait détaillé la jeune personne, et son physique le faisait sourire. Elle était jolie, certes, mais en aucun cas comparable à la belle Antoinette, à sa belle Antoinette qu’il chérissait toujours en dépit du temps qui passait, et de la vieillesse qui les guettait tous deux. Il aimait sa compagnie avant tout, et c’était uniquement cela qui comptait aux yeux de Claudin. Mais la demoiselle Nalynda Standhope ne ressemblait en aucun cas à Antoinette. Elle n’avait pas sa grâce, ni son physique élancé, ni sa droiture. Elle était trop ronde, même aux yeux de la mode, et aurait fait un parfait modèle pour le peintre Rembrandt van Rijn, mais pas pour lui. Elle avait une physionomie plaisante, certes, mais empâtée par l’oisiveté et par le manque d’exercice plus qu’autre chose. Et contrairement à Antoinette, elle ne venait pas d’un milieu modeste, et ne travaillait que parce qu’elle en avait le caprice. Elle donnerait sa démission aussi facilement qu’elle était venue à l’Opéra rejoindre un rang de chanteuse… la chorale ne convenait pas à ce genre de conspiratrices, il ne le savait que trop bien, ayant chaque jour sous les yeux la détestable diva Carlotta et ses exagérations toutes personnelles et toutes exaspérantes. Il avait assez d’une Carlotta à l’Opéra, quand bien même celle-ci était Anglaise et non Italienne. Peut-être serait-elle moins emportée et plus flegmatique que la diva italienne, mais tout de même… Il ne pouvait s’empêcher de douter fortement de la réussite de l’entreprise de la demoiselle.

Ses tentatives de séduction le faisaient invariablement sourire intérieurement. Bien entendu. Il n’allait pas trop vite perdre sa personnalité, et s’efforçait de paraître indifférent à tout ce qu’il voyait. Elle tentait de le séduire ? Pas de chance, son cœur était déjà pris par une autre personne d’une qualité infiniment supérieure par le cœur à défaut de l’être par la bourse et par la qualité sociale. Mais à ses yeux le rang n’était rien. Lui non plus n’était pas d’un haut milieu social ni d’une haute naissance, l’était-il ? Lui, fils d’un maître d’école de province ! Vous parlez d’une prise admirable pour une séductrice de cet ordre, plus attirée par les grosses fortunes et les hommes de rang élevé que par les musiciens de carrière exerçant plusieurs métiers simultanément, et qui plus est encore d’un âge déjà assez mûr ! Sans compter qu’elle ne déclenchait en lui aucune passion, aucun sentiment ni même aucune envie purement charnelle. Elle le laissait ordinaire, aussi froid qu’une limande, et c’était là tout l’effet qu’elle avait sur lui. Même lorsqu’elle se pencha sur lui d’un air conspirateur tout en lui annonçant qu’ils seraient par la suite collègues, même le timbre de sa voix le laissait indifférent. Elle avait pourtant un joli timbre de contralto, bien assorti à son physique, mais…. Mais voilà. C’étaient là tous ses charmes, et visiblement ils n’avaient pas du tout les mêmes goûts puisqu’elle ne parvenait à rien en ce qui le concernait. Il devait lui sembler être un cas plus que désespéré. Et il ne pouvait la laisser continuer sur cette voie étant donné le fait qu’elle ne suscitait chez lui rien d’autre que de l’indifférence. Ils ne seraient pas collègues, ils ne feront que travailler dans le même opéra et donner quelques spectacles ensemble, lui à la tête de son orchestre, et elle au fin fond de sa chorale.


- Je crains que ce ne soit pas le cas, mademoiselle… Il y a une grande différence et une certaine distance entre le musicien en sa fosse et le choriste sur son estrade.

Ce fut à ce moment que l’on entendit les cloches de l’église Saint Eustache toute proche sonner les dix heures du soir. Le moment était venu pour les musiciens de rejoindre l’orchestre, du moins pour ceux qui n’étaient point encore en place. Et par conséquent, le moment était aussi venu pour Claudin de diriger ses quelques cordes du haut de son estrade de premier violon, une estrade qu’il partageait à vrai dire avec tout le reste de son orchestre. Sans le moindre complexe d’ailleurs. N’étaient-ils point égaux devant la Musique ? Il consulta un instant sa montre, puis se retourna vers Nalynda. Ce n’était pas qu’il ne désirait pas rester en sa compagnie, on pouvait même tâcher d’avancer le contraire si on était doté de beaucoup d’imagination (le fait était que sa compagnie lui était totalement indifférente), mais… mais le gong avait sonné, impossible d’y couper !

- Vous me voyez navré, mademoiselle Standhope, mais il est temps pour moi de rejoindre mes violons. Si vous voulez bien m’excuser, je vous tire ma révérence.

Il s’inclina et partit en direction de l’estrade sur laquelle il s’assit. Le violoniste saisit son instrument hors de son écrin, attendit que les musiciens soient tous en place pour donner le début de la première danse (celle qui servait d’ouverture et donc d’introduction) d’un archet autoritaire.
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Elisabeth de Castaignac
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MessageSujet: Re: Un Bal Masqué à l'Opéra!   Mar 25 Aoû - 17:07

Le bal battait son plein tandis que le Konzertmeister Erique Claudin se rendait à son orchestre et commençait à diriger le premier morceau. Ce n’était qu’une petite danse, très courte, qui servait comme qui dirait à avertir le public que le spectacle allait commencer, ou plus exactement qu’il était temps au roi et à la reine du bal d’ouvrir celui-ci. En l’occurrence, le roi du bal était son cher cousin le vicomte de Chagny, et la reine du bal, hé bien… Il se trouvait que c’était elle en personne, et qu’elle aurait donc à assurer cette réputation de bonne danseuse qui lui allait à ravir selon la plupart de ses cavaliers. Mais passons. La comtesse, en entendant les violons jouer l’ouverture du bal, sut qu’elle devait mettre fin à ses préoccupations mondaines qu’étaient la conversation avec ses amis les Garnier, et qu’elle devait partir à la rencontre de son cher cousin. Mais elle n’eut pourtant pas trop de souci à se faire puisque le cousin en personne s’approcha d’elle et lui offrit spontanément sa main histoire qu’elle lui accorde la première danse : la leur. Ils avaient été choisis roi et reine du bal en raison des donations qu’ils faisaient à l’Opéra, l’un comme l’autre étant les mécènes principaux de la fondation artistique et donc permettant à celle-ci de donner d’excellents spectacles. En sus de cela, la comtesse aurait par la suite à prononcer un petit discours de conclusion à ce bal en avertissant le cher public du fait que plusieurs des interprètes de l’Opéra seraient mises en valeur par diverses représentations d’opéras de divers auteurs de divers pays, à savoir Il Muto de Métru, Faust de Charles Gounod, Fidelio du grand Beethoven, et Don Juan du non moins grand Mozart. Deux grands compositeurs, un moyen et un obscur, de quoi attirer toutes sortes de public : elle devait reconnaître que ces messieurs Firmin et Richard avaient été nantis d’une grande sagesse au moment où ils prirent cette décision, pour une fois que c’était le cas ! Les amateurs de grandes œuvres données et redonnées dans pour ainsi dire chaque saison dans un opéra Français tels que Don Juan de Mozart pourraient y affluer en masse. Les gens à la recherche d’œuvres un peu moins représentées auraient droit à Faust et à Fidelio, et enfin les grands mélomanes à la recherche d’œuvres inconnues ou presque pourraient encore aller écouter Il Muto. En un mot comme en cent, la comtesse était fière d’eux, pour une fois qu’elle pouvait l’être. Et cette joie, elle ignorait qu’elle lui serait gâchée par quelques sinistres événements à venir : elle n’avait jamais cru aux légendes, surtout pas à celles qui impliquent un fantôme mélomane qui fait répéter les petites mortelles. Mais ceci était un autre point !

Cessant de penser à ces préoccupations, la comtesse prit la main que le vicomte lui offrait et se rendit en sa compagnie au centre de la salle de danse, centre duquel les invités s’étaient prudemment éloignés par prudence ou plus exactement par respect pour la coutume. La comtesse rayonnait de mille et mille feux dans sa robe d’apparat, brillante de bijoux et de fanfreluches alors qu’elle dansait au bras de son vicomte de cousin une langoureuse valse de Strauss, à la fois pompeuse de solennité et légère par sa vivacité, la Valse de l’Empereur (bien que ni la comtesse ni le vicomte ne soient empereurs de quoi que ce soit) telle que l’on la dénommait couramment. La jeune comtesse souriait, et se sentait à la fois intimidée et fière d’être ce que tous ces gens endimanchés regardaient. Elle croyait lire de l’admiration et de la jalousie dans tous les yeux, les femmes étant soit jalouses de sa position, soit de sa manière de danser ; et les hommes étaient soit admiratifs devant cette manière de se mouvoir, soit rêvaient d’être à la place de Raoul et ainsi d’avoir l’honneur de lui donner le bras et de la faire danser. Elisabeth était heureuse mais ivre de musique, elle ne se sentait plus de joie tant elle en était au bonheur de se mouvoir à son gré et de laisser pendant un instant tomber tous les soucis du mécénat tandis que le vicomte, son cousin, la faisait danser. Mais toute bonne chose a toujours une fin, n’est-ce pas ? Et il était si dommage que tous les beaux événements joyeux aient une fin si rapide… La valse durait aux alentours de dix minutes, qui avaient passé comme une seule aux yeux de la comtesse et de son cavalier. Elle lui fit une dernière révérence, il fit de même, et après cela ils se séparèrent sans réels états d’âme étant donné que tous deux allaient recommencer à danser par la suite même i en compagnie d’autres cavaliers… Les danses s’enchainaient trop vite aux yeux de la comtesse, qui dansa avec plusieurs autres nobles, plusieurs autres bourgeois et quelques musiciens. Ceux dans les yeux desquels elle avait vu briller la jalousie et l’envie avaient maintenant de quoi assouvir leurs ambitions en dansant avec elle, jusqu’à ce qu’elle décide de se retirer hors de la piste de danse afin de siroter un peu de champagne frappé tout en discutant avec certains de ses amis et amies. Elle voulait avoir leurs impressions sur ce bal, sur cette réussite que jusqu’à présent aucun événement tragique n’était venu gâcher, sur ces événements qui illustraient si superbement la réussite de cette entreprise hasardeuse qu’était l’Opéra en nos temps émergeant de troubles qui avaient entraîné une énième révolution sociale. Elisabeth s’en sentit subitement très lasse, de ces éternels changements de manière de penser du monde, et elle ne désirait plus qu’une chose : cesser de penser et de converser de cette manière ennuyeuse des problèmes de la société. Elisabeth désirait un peu de changement dans tout ce protocole, mais… trouverait-elle seulement quelqu’un à qui parler à ce sujet là ?

Hé bien, il se trouvait que le Seigneur eut dû entendre sa prière puisqu’il lui envoyait un galant danseur en la personne de ce jeune homme au masque argenté. Elisabeth esquissa un sourire en le voyant la saluer, et se décida à lui demander une danse d’une manière à la fois délicate et amusante, quoique le fait que l’on dise la faute sienne alors qu’elle n’avait fait que paraître lui semblait peut-être exagéré… Mais soit ! La comtesse prit alors la main que lui offrait ce jeune homme alors qu’elle se saisissait de sa robe de l’autre main et s’apprêtait à le suivre sur la piste de danse pour la prochaine valse à venir. Elle ne put toutefois pas se retenir de lui répondre à l’apostrophe qu’il lui avait lancée concernant le fait qu’elle soit fautive de l’avoir ébloui de sa beauté (ou du brillant des pierreries sur sa robe, elle ne le savait pas très bien, à dire vrai). Elle ne voulait pas du tout se laver de ce qui pouvait passer pour un outrage, loin de là même ! Mais elle trouvait bien pour une jeune femme d’avoir du répondant et de pouvoir par la même occasion donner réponse aux phrases qui lui étaient lancée avec un esprit digne des Mortemart.


- Ma foi, Monsieur, il sera en votre compagnie délicieux que de vous offrir réparation, et c’est de bon cœur que je cède à votre requête.

Toujours le sourire aux lèvres, la comtesse de Castaignac suivit le jeune monsieur inconnu jusqu’à la piste de danse où ils prirent place une fois le dernier quadrille achevé. La danse suivante étant une polka mazur, la comtesse se sentit parfaitement à l’aise dans la musique qui commençait. Une introduction grave et lente donna l’occasion à la danseuse et à son cavalier de se faire la révérence, une révérence commune à celle de l’époque et pour Elisabeth une révérence répétée à peu près chaque jour de son existence… laquelle était d’ailleurs plutôt courte, au vu de ses maigres vingt-quatre ans. Mais vingt (elle aurait été bien en peine de faire une révérence convenable avant un certain âge n’est-ce pas ?) fois les trois cent soixante cinq jours d’un an, ajoutés à cela cinq jours supplémentaires pour les années bissextiles… cela commençait à faire beaucoup, n’est-ce pas ? Quoi qu’il en soit, la comtesse, tout sourire aux lèvres au bras de cet inconnu qui lui rappelait vaguement quelqu’un dont elle ignorait pour ainsi dire jusqu’à l’identité (peut-être ne lui était-il connu que de nom ?), mais qu’elle avait déjà la sensation d’avoir aperçu par le passé dans quelque réception mondaine ou dans quelque spectacle, elle ne savait plus bien, se laissa allègrement porter par la musique alors que son cavalier conduisait la danse. Agréable danse d’ailleurs, qui dura comme toutes les autres peu longtemps, mais dont le sentiment fut agréable à Elisabeth. Un agréable divertissement aux conversations sociales et philosophiques qu’elle avait eu à connaître pour son grand malheur par le passé dans cette même soirée, n’est-ce pas ? Et une fois la danse achevée, elle attendit un signe ou une réponse de son cavalier… Une appréciation peut-être ou même une seconde invitation. Quoi qu’il en soit, ce n’était pas à elle de faire les conclusions.

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Elisabeth Amélie Joséphine Françoise d'Aubespin de Lontages
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Elswyn Zmeskall
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MessageSujet: Re: Un Bal Masqué à l'Opéra!   Mar 1 Déc - 16:47

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